
ALDAR/ IDBOUFRADE keltouma
Les données de la Haut-Commissariat au Plan (HCP) publiées en janvier 2026 indiquent que les prix de certains produits alimentaires de base ont augmenté en l’espace d’un mois, malgré un recul relatif de l’inflation au Maroc par rapport à l’année précédente.
En prenant du recul et en observant la situation dans une perspective plus large, le tableau économique apparaît marqué par une certaine contradiction, identique à celle que vit aujourd’hui le citoyen marocain dans les marchés, qui s’interroge sur ces prix prenant une trajectoire ascendante sans signe de régression.
La flambée des prix touche en priorité les biens de consommation essentiels, notamment les légumes, dont les prix ont augmenté de 7,2 %, les poissons et produits de la mer de 4,1 %, les fruits de 0,7 %, la viande de 0,4 %, ainsi que le café et le thé de 0,2 % (selon les données du HCP).
Cette situation exerce une pression sur les ménages à revenu limité, mais aussi sur les classes moyennes et aisées, qui ressentent désormais l’augmentation du coût de la vie, alors que la hausse des prix s’est étendue aux éléments essentiels de la table quotidienne.
Dans le même contexte, ces hausses ont été enregistrées selon l’indice de référence dans plusieurs villes, notamment Beni Mellal (+1,5 %), Settat et Al Hoceima (+0,7 %), Guelmim et Safi (+0,6 %), Marrakech (+0,5 %), Agadir (+0,4 %), Casablanca, Tétouan et Meknès (+0,3 %), tandis que des baisses ont été constatées à Dakhla (−0,3 %), Tanger (−0,2 %) et Fès (−0,1 %).
Cela soulève une question légitime : pourquoi les prix augmentent-ils dans certaines villes et pas dans d’autres ? Cela pourrait-il être lié aux coûts de transport et de distribution, ou le caractère côtier de certaines villes leur confère-t-il une dynamique économique différente par rapport aux villes à dominante agricole ?
D’autre part, l’inflation annuelle, selon le rapport du HCP, connaît un recul grâce à des facteurs ayant contribué à la contenir, notamment la baisse des prix des carburants de −5,9 %, la diminution des huiles et graisses de −1,3 %, ainsi que la baisse des prix du lait, des œufs et de leurs dérivés de −0,3 %.
Ces facteurs ont donc effectivement contribué à atténuer la pression inflationniste, surtout que la baisse du coût de l’énergie se répercute directement sur le transport et la production, limitant ainsi la propagation de l’inflation aux autres secteurs.
Cependant, malgré ce contrôle relatif de l’inflation annuelle, cela ne se traduit pas nécessairement par une amélioration du pouvoir d’achat des Marocains, éreinté par les prix élevés sur les marchés, poussant le consommateur à se poser des questions sans réponse :
Comment vivre dans cette situation alors que les côtes marocaines s’étendent sur plus de 3500 km, avec deux façades maritimes riches en ressources halieutiques ?
Et pourquoi le sardine, symbole de la mer marocaine, est-il parfois absent des marchés, et lorsqu’il est disponible, à des prix qui ne reflètent pas son statut de produit local exporté à l’étranger ?
Les marchés étrangers sont-ils désormais prioritaires par rapport au marché national ?
Ainsi, toute baisse des prix dans un secteur donné n’aura un véritable impact que si elle s’accompagne d’une stabilité des prix des produits essentiels de la table marocaine, car ce sont eux seuls qui déterminent la perception quotidienne du pouvoir d’achat du citoyen. Le reste demeure de simples chiffres froids, incapables d’éteindre le feu de la hausse des prix dans la vie des gens.




