
ALDAR/ Iman Alaoui
Les relations entre le Maroc et Israël franchissent un nouveau cap. Réunis à New York dans le cadre d’un sommet trilatéral, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, le ministre marocain des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, et l’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies, Mike Waltz, ont affiché leur volonté de donner une nouvelle dimension au partenariat entre Rabat et Tel-Aviv, avec un accompagnement américain clairement assumé.
Cette rencontre marque une évolution importante dans la dynamique engagée entre les deux pays depuis la reprise de leurs relations diplomatiques. Les trois parties se sont accordées sur une série de mesures destinées à consolider les relations bilatérales et à les inscrire davantage dans un cadre institutionnel, économique et stratégique durable.
Sur le plan diplomatique, le Maroc et Israël prévoient notamment de renforcer leur représentation respective en transformant les missions diplomatiques existantes en ambassades et en procédant à la nomination d’ambassadeurs. Une telle évolution constituerait une étape supplémentaire dans la consolidation des mécanismes de dialogue politique entre les deux capitales et dans la structuration des relations bilatérales.
Le volet économique occupe également une place centrale dans cette nouvelle phase. Rabat et Tel-Aviv se sont engagés à achever, avant la fin de 2026, les négociations relatives aux accords sur la protection des investissements et la prévention de la double imposition. Ces instruments doivent contribuer à sécuriser davantage l’environnement juridique des investisseurs et à créer de nouvelles opportunités pour les entreprises des deux pays.
Au-delà du cadre juridique, l’objectif affiché est également de favoriser une intensification des échanges commerciaux et de stimuler les partenariats entre opérateurs économiques marocains et israéliens, dans un contexte où les deux parties cherchent à élargir progressivement les domaines de leur coopération.
La connectivité aérienne constitue un autre volet majeur de cette nouvelle dynamique. Les deux pays sont convenus d’élargir les liaisons aériennes directes entre le Maroc et Israël afin d’y intégrer les compagnies aériennes marocaines. Les nouvelles dessertes devraient être opérationnelles dans les prochaines semaines, renforçant ainsi la mobilité des voyageurs et les échanges dans les secteurs du tourisme, des affaires et du commerce.
Cette évolution intervient également avec la perspective de visites réciproques de haut niveau au cours des prochains mois. Ces déplacements devraient contribuer à donner une nouvelle impulsion politique aux relations bilatérales et à inscrire le rapprochement maroco-israélien dans un agenda plus régulier de contacts officiels.
Le rôle des États-Unis demeure, dans ce contexte, un élément structurant. À New York, les participants ont souligné la contribution de Washington aux efforts en faveur de la paix et de la sécurité ainsi qu’à la promotion de la coopération entre les différents partenaires. Le soutien américain a notamment contribué à créer les conditions favorables à la tenue de ce sommet trilatéral et à l’approfondissement de la coopération entre Rabat et Tel-Aviv.
Cette rencontre intervient à l’occasion du sixième anniversaire de la signature des Accords d’Abraham, qui ont ouvert la voie à une nouvelle architecture de coopération régionale. Elle intervient également un jour après une réunion organisée à la résidence de l’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies à New York, en présence de représentants des Émirats arabes unis, de Bahreïn, du Maroc, du Kazakhstan, d’Israël et des États-Unis.
À travers les engagements annoncés à New York, le Maroc et Israël semblent ainsi vouloir inscrire leur rapprochement dans une phase davantage structurée, dépassant le seul cadre de la reprise des relations diplomatiques pour englober progressivement la représentation diplomatique, l’investissement, les échanges économiques, la connectivité aérienne et les visites officielles.
Le sommet trilatéral illustre, dans cette perspective, la volonté de Rabat et de Tel-Aviv de consolider les acquis du rapprochement engagé ces dernières années et d’élargir progressivement ses champs d’application, tandis que les États-Unis continuent d’accompagner cette dynamique au niveau diplomatique.




