
ALDAR/ IDBOUFRADE Keltouma
Alors que des températures élevées continuent d’être enregistrées au cours du mois de septembre, la persistance d’un temps chaud après la fin de l’été soulève de nombreuses interrogations quant à son lien avec les changements climatiques et à la possibilité qu’elle traduise une modification du calendrier de transition entre les saisons au Maroc.
Dans ce contexte, El Houcine Youabed, chargé de la communication à la Direction générale de la météorologie, a expliqué au site « ALDAR » que « septembre est un mois de transition au Maroc, et la fin de l’été sur le plan climatique à la fin du mois d’août ne signifie pas l’arrêt immédiat des influences estivales. Les masses d’air chaudes et désertiques peuvent continuer à influencer le Royaume, parallèlement au début de l’intrusion d’un air plus froid et à l’apparition de perturbations atmosphériques. Ainsi, la survenue de périodes chaudes durant le mois de septembre n’est pas inhabituelle en soi ».
Il a ajouté qu’« il faut distinguer la hausse des températures durant cette période de son intensité exceptionnelle. Les températures enregistrées le 3 septembre 2026, atteignant 47,1 degrés à Sidi Slimane, 45,1 degrés à Kénitra et 44,3 degrés à Salé, ont constitué de nouveaux records pour le mois de septembre dans ces stations, ce qui souligne le caractère exceptionnel de cet épisode chaud ».
Concernant un éventuel changement du calendrier des saisons, Youabed a précisé qu’« il existe des résultats scientifiques documentant des changements dans leur durée et leurs dates de début lorsqu’elles sont définies sur la base des températures. Une étude publiée en 2021 dans la revue « Geophysical Research Letters » a montré que la durée moyenne de l’été thermique aux latitudes moyennes de l’hémisphère Nord est passée de 78 à 95 jours entre 1952 et 2011, avec une avancée du début du printemps et de l’été et un retard du début de l’automne et de l’hiver. La région méditerranéenne figure parmi les zones ayant connu les changements les plus importants dans leur cycle saisonnier. Les projections de l’étude, dans le cadre d’un scénario de fortes émissions, indiquent également que l’été thermique pourrait approcher la moitié de l’année à l’horizon 2100 ».
Il a poursuivi en expliquant que « par été thermique, on entend la période définie selon les températures, et non un changement dans les dates astronomiques des saisons. Ces chiffres expriment également la moyenne de la zone étudiée et ne constituent pas des valeurs spécifiques au Maroc ».
Youabed a enfin conclu son explication en indiquant que « la persistance de la chaleur en septembre peut résulter à la fois des fluctuations météorologiques habituelles et de l’influence d’un climat plus chaud favorisant la prolongation des conditions chaudes. Les études soutiennent la possibilité d’une modification de la durée des saisons thermiques, mais un seul événement ne permet pas d’affirmer que les vagues de chaleur sont passées de juillet et août à septembre et octobre, ni que la date du début de l’automne a changé de manière constante dans toutes les régions du Maroc ».




