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Le Maroc double ses dépenses de défense et se rapproche du double du niveau espagnol : « La Razón » s’inquiète d’une course aux armements

ALDAR/ Iman Alaoui

Le quotidien espagnol La Razón a publié un article consacré à la hausse des dépenses militaires du Maroc, estimant que le Royaume a intensifié ses efforts en matière d’armement au point que la part de son budget militaire dans le produit intérieur brut (PIB) approche désormais du double de celle consacrée par l’Espagne à sa défense.

Selon les données citées par le journal et attribuées à l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), le Maroc aurait consacré environ 5,6 milliards d’euros à ses dépenses militaires, soit près de 3,5 % de son PIB, contre environ 2 % pour l’Espagne.

Pour La Razón, cet écart en matière de dépenses de défense alimente le débat au sein des milieux espagnols, notamment dans un contexte où Madrid fait face à des pressions pour accroître son budget militaire et respecter ses engagements dans le cadre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

Le quotidien souligne que le Maroc ne s’est pas contenté d’augmenter ses dépenses militaires, mais qu’il s’est également employé, ces dernières années, à moderniser et à renforcer ses capacités de défense, notamment dans les domaines de l’aviation militaire et de la défense aérienne.

Dans ce contexte, La Razón évoque l’acquisition par le Maroc de chasseurs F-16 Block 72, ainsi que de systèmes avancés de surveillance aérienne et de radars longue portée. Le journal fait également état des hélicoptères de combat AH-64E Apache, de chars de fabrication américaine, ainsi que des systèmes d’artillerie lance-roquettes HIMARS.

Selon le quotidien espagnol, l’accumulation de ces capacités militaires traduit une orientation marocaine visant à renforcer à la fois ses capacités défensives et ses moyens de frappe à longue portée. Une évolution qui suscite une attention particulière dans les milieux militaires espagnols en raison de la proximité géographique entre les deux pays.

La Razón établit par ailleurs un lien entre le renforcement des capacités militaires marocaines et la question de Ceuta et Melilla. Le journal estime que la persistance du discours marocain sur les deux villes alimente les inquiétudes de certains milieux politiques et militaires en Espagne.

Le quotidien revient notamment sur de précédentes déclarations du ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, au sujet de ce dossier. Celui-ci avait réaffirmé l’attachement du Maroc à sa position concernant Ceuta et Melilla, appelant à traiter cette question par le dialogue, avec ce qu’il avait qualifié de « patience » et de « souffle long ».

La Razón rapporte également des déclarations marocaines présentant les deux villes comme constituant, du point de vue marocain, un « droit historique et géographique ».

En réaction, le ministère espagnol des Affaires étrangères s’est empressé de réaffirmer la position de Madrid, qui rejette toute remise en cause de sa souveraineté sur les deux villes.

La diplomatie espagnole affirme que Ceuta et Melilla sont des villes espagnoles et qu’elles font partie des frontières espagnoles ainsi que de l’Union européenne, soulignant qu’elles relèvent de l’unité territoriale et de la souveraineté espagnoles, internationalement reconnues.

Madrid a par ailleurs indiqué, selon les propos rapportés par le quotidien, qu’elle « rejette et rejettera catégoriquement » toute position contraire à cette ligne concernant Ceuta et Melilla.

Pour La Razón, le renforcement des capacités militaires marocaines place l’Espagne face à de nouveaux défis, notamment dans un contexte où l’OTAN demande à ses États membres de maintenir des niveaux élevés de dépenses consacrées à la défense.

Selon le journal, l’Espagne est appelée à maintenir des dépenses militaires supérieures à 2 % de son PIB, alors que les dépenses militaires marocaines atteindraient, d’après les données du SIPRI citées par le quotidien, environ 3,5 % du PIB.

Le quotidien espagnol conclut que le renforcement des capacités militaires marocaines, conjugué à la persistance du différend autour de Ceuta et Melilla, alimente un débat croissant en Espagne sur l’équilibre des forces en Méditerranée occidentale et sur le degré de préparation de Madrid face à un éventuel scénario sécuritaire dans l’environnement des deux villes.

Cette situation intervient dans un contexte de rapprochement politique notable entre l’Espagne et le Maroc au cours des dernières années. Un rapprochement qui n’a toutefois pas permis de solder les dossiers de désaccord liés aux deux villes, à la migration, à la sécurité et à la définition des intérêts stratégiques des deux pays dans la région.

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