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Une eurodéputée italienne inflige un camouflet à ses détracteurs : « Ceuta n’est ni espagnole ni européenne »

ALDAR / Iman Alaoui

Dans une déclaration qui a replacé la question de Ceuta au cœur du débat politique au sein de l’institution législative européenne, l’eurodéputée italienne Ilaria Salis, membre du groupe de la Gauche au Parlement européen, a suscité une vive controverse en affirmant que la ville se situe géographiquement sur le continent africain et que son statut historique est lié à l’héritage de la période coloniale européenne.

Cette intervention met en lumière une contradiction géographique et historique évidente autour de Ceuta : la ville se trouve sur le territoire africain du Maroc, tout en étant administrée politiquement comme une partie de l’Espagne et de l’Union européenne. Une réalité que Ilaria Salis estime impossible d’ignorer lorsqu’il est question de la crise migratoire et des tensions liées aux frontières.

L’eurodéputée italienne a appelé à considérer cette réalité comme l’un des éléments fondamentaux à l’origine du problème, tout en mettant en garde contre l’instrumentalisation politique des événements survenus à la fin du mois de juillet par certains courants de droite, qui chercheraient à les transformer en support de ce qu’elle a qualifié de « propagande raciste et nationaliste ».

La portée de la déclaration de Ilaria Salis revêt une importance particulière du fait qu’elle a été formulée au sein même du Parlement européen. Elle remet ainsi la question de Ceuta dans ses dimensions historique et géographique, au-delà d’une lecture limitée aux seuls enjeux migratoires et sécuritaires liés aux frontières.

Cette prise de position remet également en lumière la problématique du maintien du statut de Ceuta et Melilla comme faisant partie de l’espace européen, malgré leur localisation géographique en Afrique du Nord et au Maroc. Une question sur laquelle le Royaume du Maroc continue de réaffirmer sa position, considérant les deux villes comme des territoires marocains occupés et soulignant que toute réflexion sur le statu quo doit nécessairement prendre en compte ses dimensions historiques et coloniales.

Ilaria Salis est membre du Parlement européen au sein du groupe de la Gauche. Cette femme politique, militante des droits humains et enseignante italienne est notamment connue pour ses positions critiques à l’égard de certaines politiques migratoires ainsi que pour son approche fondée sur les droits humains des questions liées aux frontières et aux migrants.

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