A LA UNEMONDE

Une lourde décision colombienne depuis le Conseil de sécurité : fin de la reconnaissance du Polisario et confirmation de la marocanité du Sahara

 

 

 

ALDAR/ Naïma Akhezane

Le ministère colombien des Affaires étrangères a annoncé le gel des relations diplomatiques avec ce qui est appelé la « République arabe sahraouie démocratique », dans une démarche qui traduit une réorientation officielle de la position de Bogotá sur la question du Sahara et renforce, en parallèle, la dynamique de rapprochement stratégique entre la Colombie et le Royaume du Maroc.

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Dans un communiqué officiel publié aujourd’hui, la diplomatie colombienne a précisé que cette décision intervenait à l’issue d’un examen approfondi de la reconnaissance accordée à l’entité séparatiste par le gouvernement précédent. Elle souligne notamment que l’Organisation des Nations unies ne la reconnaît pas comme un État membre, tout en affirmant la volonté du gouvernement colombien de renforcer son partenariat stratégique avec le Royaume du Maroc.

L’élément le plus significatif de cette nouvelle position réside dans le fait que le document officiel ne se limite pas à annoncer le gel des relations avec le Polisario. Il stipule explicitement que la Colombie reconnaît la souveraineté du Maroc sur l’ensemble de son territoire, y compris le Sahara occidental. Cette formulation confère à la décision une portée politique qui dépasse largement le simple fait de rompre ou de geler les relations avec le mouvement séparatiste.

En vertu de cette nouvelle décision, les contacts politiques et diplomatiques avec la « République sahraouie » prendront fin. Il n’y aura plus non plus d’échanges de missions ni de soutien à cette entité dans les enceintes multilatérales, notamment aux Nations unies et au Conseil de sécurité, où la Colombie siège actuellement en tant que membre non permanent.

Cette démarche revêt une importance supplémentaire compte tenu de la position de la Colombie au sein du Conseil de sécurité. Elle intervient en effet dans un contexte international où les prises de position des États membres du Conseil sur la question du Sahara marocain revêtent une importance croissante.

La diplomatie colombienne a également rattaché sa décision à la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée en 2025 et consacrée à la question du Sahara, affirmant que la réorientation de sa politique respecte le droit international et la Charte des Nations unies, tout en s’inscrivant dans la dynamique tracée par le Conseil de sécurité pour parvenir à un règlement du différend.

Le message colombien ne s’est toutefois pas limité au gel des relations avec le mouvement séparatiste. Il comprend également l’expression claire de la volonté de Bogotá de reconstruire et de renforcer, à long terme, ses relations avec Rabat, en considérant le Maroc comme un partenaire dont les relations avec la Colombie remontent à près d’un demi-siècle.

Selon le communiqué, la Colombie propose ainsi d’ouvrir une nouvelle étape dans les relations bilatérales, fondée sur une coopération « ambitieuse et concrète », avec de vastes perspectives dans les domaines du commerce, de l’investissement, du tourisme, de la sécurité alimentaire, du développement portuaire et de la logistique, ainsi que dans le renforcement des connexions atlantiques entre les deux pays.

La décision colombienne porte ainsi un double message. Le premier est adressé au mouvement séparatiste : la reconnaissance qui lui avait été accordée par le passé ne représente plus la position de l’État colombien. Le second s’adresse au Maroc et confirme que Bogotá entend construire un nouveau partenariat stratégique avec Rabat, fondé sur la reconnaissance de la souveraineté du Royaume sur l’ensemble de son territoire.

Pour le Maroc, cette évolution constitue un acquis diplomatique majeur en Amérique latine, d’autant plus que cette position émane d’un État membre non permanent du Conseil de sécurité, à un moment où la question du Sahara marocain connaît des évolutions rapides dans les positions adoptées par plusieurs États et puissances internationales.

Selon le document colombien, Rabat n’obtient donc pas seulement le gel des relations entre Bogotá et le Polisario. Il bénéficie également d’une confirmation officielle et directe de la souveraineté du Maroc sur le Sahara, parallèlement à l’annonce par la Colombie de l’ouverture d’une nouvelle page, plus ambitieuse, dans ses relations avec le Royaume.

Dès lors, le siège occupé par la Colombie au Conseil de sécurité apparaît comme bien davantage qu’un simple élément protocolaire de cette évolution. Il constitue désormais un facteur renforçant le poids politique de la décision et confère à la position colombienne une portée qui dépasse le cadre bilatéral pour toucher au cœur de la dynamique internationale liée à la question du Sahara marocain.

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