A LA UNE

De la Chine à Tanger : le géant des systèmes de freinage APG choisit le Maroc pour sa première base industrielle à l’étranger, avec un investissement pouvant atteindre 70 millions de dollars

ALDAR / Iman Alaoui

La ville Mohammed VI Tanger Tech s’apprête à accueillir un nouveau projet industriel chinois qui illustre l’accélération de la transformation que connaît le Maroc dans le secteur automobile et celui de ses composants. La société chinoise Zhejiang Asia-Pacific Mechanical & Electronic (APG), spécialisée dans les systèmes de freinage et les composants de châssis, a choisi le Maroc pour implanter sa première unité de production en dehors de la Chine, dans le cadre d’un projet dont l’investissement prévu peut atteindre 70 millions de dollars.

Selon les données officielles publiées par le groupe chinois, la nouvelle usine sera construite sur une superficie de 60.000 mètres carrés, soit six hectares, dont environ 42.000 mètres carrés de surfaces bâties. Le site devrait atteindre une capacité de production d’environ 2,65 millions d’ensembles d’étriers de frein par an, ce qui montre que le projet a été conçu dès le départ pour intégrer les chaînes d’approvisionnement internationales de l’industrie automobile.

APG avait posé la première pierre de l’usine le 3 septembre 2025 dans la ville Mohammed VI Tanger Tech, une étape présentée par l’entreprise comme le véritable lancement de sa première base de fabrication hors du territoire chinois. Le projet s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer sa présence sur les marchés internationaux et à se rapprocher de ses principaux clients dans le secteur automobile.

La nature du projet traduit l’importance que le groupe chinois accorde au Maroc. Il ne s’agit pas simplement d’une unité d’assemblage ou d’une installation limitée destinée au marché local, mais d’une véritable base industrielle de production orientée vers les marchés internationaux, qui devrait tirer profit de la proximité de Tanger avec l’Europe et des infrastructures logistiques de la région, notamment le port Tanger Med et le réseau de transport reliant le nord du Royaume aux différents pôles de production et marchés extérieurs.

APG explique que l’implantation de cette usine au Maroc permettra au groupe de se rapprocher de ses clients internationaux, de réduire les distances et les délais d’approvisionnement, d’améliorer l’efficacité de sa chaîne logistique et de renforcer sa capacité à répondre plus rapidement aux besoins de l’industrie automobile en dehors de la Chine.

Cette implantation revêt une importance supplémentaire au regard de la nature même de l’entreprise. APG figure parmi les groupes chinois spécialisés dans le développement et la fabrication de systèmes de freinage essentiels pour les véhicules, ainsi que dans les systèmes intelligents de contrôle électronique du châssis, les moteurs de roues et les solutions de châssis by-wire.

Selon les informations officielles communiquées par l’entreprise, ses produits intègrent les chaînes d’approvisionnement de plusieurs grands constructeurs automobiles mondiaux, parmi lesquels Volkswagen, General Motors, Honda, Nissan, Stellantis, Renault, Mazda, Proton et VinFast. L’usine marocaine sera ainsi appelée, dès son lancement, à s’inscrire dans un écosystème industriel à dimension internationale.

Un représentant du groupe Renault était d’ailleurs présent lors de la cérémonie de pose de la première pierre de l’usine à Tanger, un élément qui illustre le lien du projet avec l’écosystème automobile développé au Maroc. Celui-ci ne se limite désormais plus à la fabrication de véhicules, mais attire de manière croissante des entreprises spécialisées dans les composants automobiles, les systèmes de contrôle, les technologies de freinage et l’électronique.

Les origines du projet remontent à une étape antérieure à la pose de la première pierre. La société APG Brake Morocco avait été créée à Tanger en décembre 2024, avec un capital de 2 millions de dollars, avant que le projet n’entre dans sa phase effective de construction et d’équipement à Tanger Tech.

Les documents d’APG évaluent l’investissement total prévu pour le projet à 70 millions de dollars, tandis que les données techniques font état d’une capacité de production cible de 2,65 millions d’ensembles d’étriers de frein par an. Dans son calendrier initial, l’entreprise avait prévu une période de réalisation d’environ 20 mois.

Dans sa dernière mise à jour publiée en septembre 2026, APG a confirmé que la base de production marocaine progressait régulièrement et que le projet devrait entrer en phase de production au cours de l’année 2027. Une précédente communication de l’entreprise avait fixé janvier 2027 comme objectif pour le démarrage de la production.

Cela signifie que l’usine se trouve encore dans sa phase de construction et d’équipement et que la date annoncée constitue un objectif de démarrage de la production, et non une annonce indiquant que le site serait déjà entré en exploitation commerciale.

Le projet intervient alors que la Chine renforce sa présence industrielle et ses investissements au Maroc, notamment dans les secteurs liés à l’automobile, à la mobilité électrique, aux batteries et aux composants automobiles. Les investisseurs chinois bénéficient ainsi de la position géographique du Royaume, de ses accords commerciaux et de son réseau logistique, tandis que le Maroc constitue pour eux une plateforme proche du marché européen et une base permettant d’élargir leur présence sur les marchés africains.

Pour Tanger Tech, l’implantation d’APG ajoute à la zone industrielle un projet spécialisé dans un composant essentiel de l’automobile et renforce son orientation vers l’accueil d’entreprises internationales opérant dans des industries à forte valeur ajoutée. Cette évolution va au-delà des activités d’assemblage pour favoriser la fabrication de composants intégrés directement aux véhicules modernes.

Pour APG, le Maroc représente surtout sa première expérience industrielle en dehors de la Chine, ce qui confère au projet une dimension stratégique dans le processus d’expansion internationale du groupe. Au lieu d’exporter ses produits depuis ses usines chinoises vers les marchés étrangers, l’entreprise pourra produire à proximité d’une partie importante de ses clients et des marchés ciblés, tout en profitant de la position du Maroc comme porte d’accès vers l’Europe et l’Afrique.

Ainsi, Tanger s’apprête à accueillir, dans les prochains mois, un nouveau projet industriel chinois dont les enjeux dépassent la seule valeur de l’investissement annoncé. Il s’agit de la première usine à l’étranger d’APG, implantée sur une superficie de six hectares et destinée à produire 2,65 millions d’ensembles d’étriers de frein par an, pour un investissement pouvant atteindre 70 millions de dollars. Une nouvelle étape qui illustre l’élargissement de la base industrielle automobile du Maroc et le renforcement de l’attractivité de Tanger en tant que plateforme de production destinée aux marchés internationaux.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page