
ALDAR / Ghita Hafiani
L’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) a annoncé que la situation des incendies de forêt au Maroc, entre le 1er janvier et le 20 juillet 2026, témoigne de l’efficacité du dispositif national de prévention et d’intervention. Si le nombre d’incendies a augmenté cette année, les superficies ravagées par les flammes ont, en revanche, enregistré une baisse significative.
Selon les données publiées par l’Agence, 310 incendies de forêt ont été recensés à l’échelle nationale depuis le début de l’année, ayant détruit une superficie totale de 1.850 hectares, soit une moyenne de 5,9 hectares par incendie. Les zones touchées se répartissent entre 832 hectares de formations forestières arborées, représentant 45 % des surfaces brûlées, et 1.018 hectares de formations herbacées et d’espèces secondaires, soit 55 % du total.
Comparées à la moyenne des dix dernières années pour la même période, ces statistiques révèlent un contraste positif : le nombre d’incendies a progressé de près de 32 %, passant d’une moyenne de 233 à 310 incendies, tandis que les superficies brûlées ont diminué d’environ 30 %, reculant de 2.660 hectares à seulement 1.850 hectares.
L’ANEF explique cette hausse du nombre d’incendies principalement par deux facteurs. Le premier est la forte croissance du couvert herbacé, favorisée par les précipitations exceptionnelles enregistrées durant l’hiver dernier. Le second réside dans les vagues de chaleur qui ont frappé le Royaume à la fin du mois de mai et au début du mois de juillet, accélérant le dessèchement de cette végétation et augmentant ainsi son inflammabilité.
En parallèle, la baisse sensible des superficies touchées reflète, selon l’Agence, la performance du dispositif national de prévention et de lutte contre les incendies, mobilisant le ministère de l’Intérieur, l’Agence nationale des eaux et forêts, la Direction générale de la Protection civile, les Forces Armées Royales, la Gendarmerie Royale, les Forces Royales Air, les Forces Auxiliaires ainsi que les autorités locales. La rapidité de la détection, de l’alerte et des interventions coordonnées a permis de contenir la majorité des incendies dès leurs premières phases, limitant considérablement leur propagation.
Sur le plan régional, la région Souss-Massa arrive en tête des superficies sinistrées avec 600 hectares brûlés, suivie de Béni Mellal-Khénifra avec 410 hectares, puis de Marrakech-Safi avec 205 hectares.
En revanche, le plus grand nombre d’incendies a été enregistré dans la région Rabat-Salé-Kénitra, avec 80 départs de feu, suivie de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, qui en a comptabilisé 70. Cette répartition s’explique essentiellement par une pression humaine plus importante sur les espaces forestiers de ces deux régions, caractérisées par une forte densité de population et une fréquentation élevée des massifs forestiers.
Au cours de la période comprise entre le 13 et le 19 juillet 2026, le Maroc a enregistré 20 incendies de forêt, ayant parcouru une superficie totale de 670 hectares. L’essentiel de ces dégâts est attribué à trois incendies majeurs.
Les feux de Taroudant (Inaouen) et Al Haouz (Ijoukak), déclarés le 15 juillet, ont ravagé ensemble 403 hectares avant d’être totalement maîtrisés le 20 juillet. L’incendie de Lakssiba, dans la province de Béni Mellal, déclenché le 16 juillet, a détruit 170 hectares avant d’être complètement éteint le 18 juillet. Quant au feu d’Afourar, dans la province d’Azilal, survenu le 17 juillet, il a touché 85 hectares, avec un taux de maîtrise atteignant 90 % au 20 juillet 2026.
À l’échelle méditerranéenne, le Maroc continue de conforter sa position parmi les pays les moins touchés par les incendies de forêt. D’après les données du Système européen d’information sur les feux de forêt (EFFIS), les superficies brûlées depuis le début de l’année atteignent 104.476 hectares en Espagne, 42.178 hectares en France, 29.224 hectares au Portugal et 20.291 hectares en Italie, des chiffres largement supérieurs à ceux enregistrés au Maroc.
Pour l’Agence, ces résultats confirment l’efficacité du modèle marocain de prévention et de gestion des incendies de forêt, fondé sur une approche proactive et intégrée reposant sur la surveillance précoce, la mobilisation permanente des équipes et la rapidité des interventions, dans un contexte régional marqué par l’intensification des risques liés aux changements climatiques.
L’Agence nationale des eaux et forêts souligne enfin que le dispositif de veille, de surveillance et d’intervention demeure mobilisé au plus haut niveau de préparation, en particulier durant les mois d’août et de septembre, traditionnellement considérés comme les périodes les plus critiques en matière de risque d’incendie.
Elle appelle l’ensemble des usagers des espaces forestiers – campeurs, apiculteurs, éleveurs et visiteurs – à faire preuve de la plus grande vigilance, à limiter au strict minimum l’usage du feu et à signaler immédiatement aux autorités compétentes tout départ de feu, toute fumée suspecte ou tout comportement à risque, afin de préserver le patrimoine forestier national et les fonctions écologiques, sociales et économiques qu’il assure.



