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Un journal canadien salue le Maroc et le met en avant comme puissance du renseignement pour la sécurité du Mondial

ALDAR/ Iman Alaoui

Le journal canadien Western Standard a publié un article du journaliste indépendant canadien Daniel Robson intitulé : « La Coupe du monde 2026 n’est pas un tournoi de football, mais une crise de sécurité nationale en attente d’explosion », dans lequel il analyse les grands défis sécuritaires auxquels le Canada sera confronté avant d’accueillir la phase finale de la Coupe du monde 2026.

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L’auteur explique que, ces derniers mois, les débats se sont concentrés sur le coût du tournoi, l’image des villes hôtes et les promesses de retombées économiques. Des questions importantes, certes, mais qui ne constituent pas, selon lui, l’enjeu principal à l’approche de la compétition. La vraie interrogation reste la sécurité : le Canada est-il capable de transformer des années de planification en un dispositif coordonné, résilient et fiable sous pression ?

Il souligne que cette épreuve a déjà commencé, puisque le Canada accueillera des matchs à Toronto et Vancouver. Le gouvernement fédéral a d’ailleurs qualifié le tournoi d’opération complexe impliquant la gestion des frontières, les transports ainsi que la coordination sécuritaire avec les États-Unis et le Mexique. Selon l’article, il ne s’agit donc plus d’un simple événement sportif assorti d’un volet sécuritaire, mais bien d’un dossier national de préparation globale.

Robson rappelle qu’Ottawa a dépassé le stade des préparatifs symboliques. Le ministère canadien de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté a déjà élaboré des directives spécifiques destinées aux supporters, aux travailleurs, aux bénévoles et aux personnes invitées par la FIFA.

Le Canada a également précisé qu’il n’existera pas de visa spécial Coupe du monde, que les demandes devront être déposées très tôt et que la possession d’un billet ne garantit pas l’entrée sur le territoire. Pour l’auteur, ces détails font partie intégrante de la préparation sécuritaire, car la protection d’un événement d’une telle ampleur ne repose pas uniquement sur la police, mais aussi sur des systèmes d’entrée organisés, la lutte contre la fraude, des procédures claires et la réduction des frictions administratives avant qu’elles ne dégénèrent en crise d’ordre public.

Il ajoute que la planification de Toronto illustre l’ampleur du défi lorsque la ville passe de l’ambition à l’exécution. Toronto accueillera six matchs, et les documents budgétaires montrent que la sûreté et la sécurité figurent parmi les principales causes de la hausse des coûts d’exploitation. Le budget opérationnel de la Coupe du monde 2026 dans la ville atteint environ 226,353 millions de dollars canadiens, la sécurité constituant le cœur de cette architecture.

L’auteur note que le contrôleur général de Toronto a déjà insisté sur la nécessité d’une surveillance rigoureuse et de rapports transparents compte tenu de la taille de l’événement, de son coût et de son exposition politique. Cela démontre, selon lui, que la planification sécuritaire ne concerne pas seulement les barrières et les patrouilles, mais aussi la discipline institutionnelle, la gestion des risques et la capacité des gouvernements à maîtriser un dossier complexe, coûteux et politiquement sensible.

Les documents d’urgence de Toronto révèlent également que l’unité intégrée de sûreté et de sécurité de la FIFA a pris en charge la formation aux systèmes de gestion des incidents liés au tournoi, tout en reconnaissant que les exigences du Mondial exercent une pression sur les capacités générales de formation. La préparation, explique Robson, n’est donc pas un concept abstrait : elle consomme des ressources humaines, du temps, de l’argent et de l’attention institutionnelle bien avant le premier match.

À Vancouver, qui accueillera sept rencontres ainsi que des animations populaires parallèles, dont le Festival des supporters de la FIFA, la municipalité a adopté un dispositif réglementaire temporaire visant à préserver la sécurité publique, assurer la fluidité des opérations et renforcer les capacités d’application de la loi pendant la compétition.

Selon l’auteur, ce type de préparation fait rarement la une des journaux, mais il constitue le véritable cœur de la sécurité des grands événements, car il implique l’adaptation des lois, la gestion des espaces publics et la mise à disposition d’outils juridiques conformes à la réalité opérationnelle d’un événement mondial intensif.

Robson estime que la preuve la plus forte du sérieux canadien réside dans le fait que le pays ne se prépare pas seul. En mars 2026, des représentants du Canada, du Mexique et des États-Unis se sont réunis à Washington lors d’une rencontre trilatérale sur la sécurité des grands événements. Ils y ont présenté leurs cadres nationaux, structures de gouvernance, étapes de planification et mécanismes de coopération interinstitutionnelle.

L’ordre du jour comprenait, selon l’article, l’échange d’informations transfrontalières, l’interopérabilité opérationnelle, les menaces cybernétiques, les campagnes de désinformation, les drones et le soutien opérationnel. L’auteur affirme que le succès d’une Coupe du monde conjointe ne sera pas jugé uniquement à la capacité de chaque ville à sécuriser son stade, mais aussi à celle des pays hôtes à gérer sans friction dangereuse les écarts entre systèmes et autorités différents.

Il ajoute que les États-Unis ont eux aussi créé une structure fédérale dédiée à ce défi, à travers un groupe de travail relevant de la Maison-Blanche pour la Coupe du monde 2026, chargé de coordonner les efforts fédéraux via la coopération interagences, le partage du renseignement et le soutien aux villes hôtes.

Le Canada, poursuit-il, devra être évalué selon le même standard : non pas à travers les campagnes promotionnelles, mais par sa capacité à réunir police, renseignement, transports, gestion des frontières et réponse d’urgence dans un modèle opérationnel unique et cohérent.

L’article cite ensuite des exemples internationaux illustrant la notion de préparation sérieuse. En France, avant les Jeux olympiques de Paris 2024, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Gérald Darmanin, avait déclaré en avril 2024 que « la France serait davantage exposée au terrorisme sans les services de renseignement marocains », ajoutant que son pays était reconnaissant de ce soutien dans la perspective des Jeux olympiques.

Selon Robson, l’importance de cette déclaration tient à son calendrier : elle a été faite avant l’événement, au moment où la préparation est décisive.

Il souligne que la même logique apparaît encore plus clairement dans le cas américain. En janvier, une publication officielle de l’ambassade des États-Unis au Maroc annonçait que le FBI s’était rendu au Maroc pour examiner les dispositifs de sécurité de la Coupe d’Afrique des nations, dans le cadre d’un partenariat élargi entre services de sécurité.

Cette semaine encore, la mission américaine est allée plus loin en félicitant le Maroc pour sa sélection au sein d’un groupe de travail relevant de la Maison-Blanche consacré à la Coupe du monde, dans le but de renforcer la coopération sécuritaire en vue du prochain tournoi.

Pour l’auteur, ces signaux montrent que les États-Unis abordent la sécurité des grands événements à travers des échanges opérationnels précoces et des partenariats dépassant les cercles traditionnels connus.

Il évoque également l’expérience du Qatar, qui avait signé avec le Maroc, avant le Mondial 2022, une déclaration conjointe pour l’échange d’informations relatives au tournoi. Des rapports de l’époque indiquaient aussi que le Maroc était pressenti pour fournir un soutien en matière de renseignement et de cybersécurité.

Robson conclut que le schéma est clair : les gouvernements qui se préparent sérieusement aux grands événements sportifs identifient très tôt les expertises utiles et les mobilisent avant le pic de pression.

Pour le Canada, la leçon dépasse largement la simple protection des stades ou la gestion des foules. La Coupe du monde exigera des institutions capables de connecter renseignement, police, vigilance cybernétique, planification des déplacements, opérations frontalières et coordination internationale dans un seul système capable de résister sous pression.

Il estime que le Canada a déjà mis en place des éléments importants de ce dispositif : Ottawa a financé et organisé, Toronto et Vancouver ont ajusté structures, budgets et réglementations, tandis que la coordination avec Washington et Mexico est passée du symbole à la planification concrète.

Il conclut enfin que l’essentiel désormais est de bâtir sur cette base avec davantage d’ambition, car les pays qui réussissent à sécuriser les grands événements sportifs sont ceux qui se préparent tôt, élargissent leurs partenariats tôt et intègrent les expertises utiles avant le moment critique.

Le Canada dispose encore du temps nécessaire pour y parvenir. S’il sait en tirer profit, la route vers 2026 pourrait devenir bien plus qu’un simple compte à rebours avant le coup d’envoi : une occasion de laisser un héritage sécuritaire plus solide, plus intelligent et mieux coordonné.

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