A LA UNEMONDE

La Chine développe l’« économie sous-forestière » : une richesse verte sans abattre les arbres

 

par ALDAR /

 

Dans le cadre de ce qui est communément appelé l’« économie sous-forestière », la Chine entend développer un modèle économique fondé sur l’exploitation des ressources forestières sans porter atteinte aux arbres. Ce secteur constitue désormais une source de revenus de plus en plus importante pour les populations des zones montagneuses et forestières.

À fin avril 2026, la superficie des terres exploitées dans le cadre de cette activité dépassait 60 millions de mu — une unité traditionnelle chinoise de mesure des superficies — soit l’équivalent d’environ 4 millions d’hectares. La valeur annuelle de la production du secteur s’élevait, quant à elle, à quelque 1 300 milliards de yuans.

Ce modèle permet aux populations locales de tirer profit des espaces forestiers et de générer des revenus stables, tout en préservant les arbres et les écosystèmes.

L’économie sous-forestière repose sur l’exploitation des espaces situés sous les arbres pour développer diverses activités économiques, notamment la culture de plantes et d’herbes médicinales, l’élevage, l’apiculture, la collecte et la transformation des produits forestiers, ainsi que le développement du tourisme et la valorisation des paysages naturels.

Le district de Wufeng, dans la province du Hubei, illustre cette approche à travers le développement d’un modèle intégré associant « forêt, médecine traditionnelle chinoise et abeilles ». Dans cette région, des plantes médicinales sont cultivées sous les arbres, contribuant à améliorer les sols et à favoriser la croissance des arbres. Leurs fleurs fournissent par ailleurs le nectar nécessaire aux abeilles.

En retour, l’environnement humide et tempéré de la forêt offre des conditions favorables au développement des plantes médicinales.

La superficie consacrée à ce modèle à Wufeng dépasse désormais 40 000 mu, pour une valeur annuelle de production supérieure à 80 millions de yuans. Une expérience qui illustre la capacité des activités intégrées à transformer les ressources naturelles en valeur économique sans les épuiser.

Afin de soutenir ce secteur, la Chine a intensifié ces dernières années son appui à l’économie sous-forestière. Au niveau national, 649 bases modèles ont été agréées, tandis que 677 entreprises leaders dans le secteur forestier ont bénéficié d’un accompagnement.

À travers le pays, différentes régions développent également de nouveaux modèles d’exploitation des ressources forestières, avec pour objectif de transformer la valeur écologique des écosystèmes naturels en bénéfices économiques concrets, tout en développant les filières liées aux forêts et aux plantes médicinales.

Dans l’un des villages du district, ces activités ont permis d’augmenter les revenus annuels d’environ un million de yuans. Dans le même temps, la valeur totale de la production des secteurs forestier et des plantes médicinales dans le district a atteint quelque 420 millions de yuans.

Ces expériences témoignent de l’orientation prise par la Chine en faveur d’une économie verte qui ne repose pas uniquement sur l’exploitation des ressources naturelles, mais cherche également à établir un équilibre entre leur préservation et leur valorisation. Les forêts ne sont ainsi plus considérées comme de simples réserves de bois, mais comme des écosystèmes multifonctionnels capables de générer à la fois des bénéfices économiques et environnementaux.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page