A LA UNE

Un rapport sécuritaire espagnol met en lumière le rôle de groupes liés à des numéros algériens dans la coordination numérique des événements de Ceuta

ALDAR – Imane Alaoui

Un nouveau rapport sécuritaire espagnol affirme que la vague de passages massifs enregistrée à Ceuta à la fin du mois de juillet 2026 n’aurait pas été le fruit d’un mouvement spontané. Selon ses auteurs, elle aurait été précédée d’une vaste campagne numérique coordonnée, au sein de laquelle des groupes administrés via des numéros de téléphone algériens ont joué un rôle important dans la mobilisation et la coordination. Le document précise toutefois qu’aucun élément ne permet d’établir un lien entre ces activités et une quelconque implication officielle de l’État algérien.

Le rapport a été rédigé par l’expert espagnol en sécurité, renseignement et lutte contre le terrorisme José María Gil Garre, sur la base d’une analyse des sources ouvertes (OSINT) et d’une surveillance de l’activité sur les réseaux sociaux (SOCMINT). L’étude retrace le déroulement de la campagne numérique ayant précédé les tentatives de franchissement collectif vers Ceuta entre les 30 et 31 juillet 2026.

Selon les conclusions du document, cette campagne aurait débuté dès le mois de juin avant de s’intensifier sensiblement à partir du 8 juillet, à la suite d’une décision de la Cour suprême espagnole. D’après l’analyse, le contenu de cette décision aurait été déformé puis largement diffusé sur les réseaux sociaux, alimentant la conviction que toute personne parvenant à Ceuta par voie maritime ne serait pas renvoyée.

Le rapport indique que ce message s’est propagé sur plusieurs plateformes, notamment TikTok, Facebook, Instagram et X, ainsi que dans des groupes WhatsApp utilisés pour la coordination sur le terrain. Les participants y échangeaient des informations sur les itinéraires à emprunter, les points de rassemblement, les horaires de départ ainsi que diverses consignes logistiques.

L’étude accorde une attention particulière à ce qu’elle qualifie de « nœuds opérationnels » liés à l’Algérie. Elle souligne que plusieurs groupes WhatsApp impliqués dans une partie des opérations de coordination fonctionnaient à l’aide de numéros de téléphone algériens portant l’indicatif international (+213). Parmi eux figure un groupe baptisé « Hijma Kiraj Sebta », que l’auteur considère comme ayant joué un rôle notable dans l’organisation de la mobilisation numérique et dans la circulation des informations entre les participants.

Le rapport fait également état d’une activité numérique s’étendant à plusieurs pays, notamment le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et la France, tout en relevant des interactions provenant des États-Unis. Les observations de terrain montrent par ailleurs que des personnes originaires de différentes villes marocaines, ainsi que d’autres venues d’Algérie, se sont dirigées vers la ville de Fnideq avant de rejoindre les abords du poste-frontière de Tarajal.

Tout en mettant en évidence le rôle joué par des groupes liés à des numéros algériens dans une partie des opérations de coordination, le rapport insiste sur le fait qu’il n’a identifié aucune preuve de l’existence d’un commandement centralisé, d’un réseau criminel unifié ou d’une implication directe d’une autorité gouvernementale. Il rappelle que l’ensemble de ses conclusions repose exclusivement sur l’analyse des sources ouvertes et des données numériques accessibles.

Long d’environ 70 pages, le document présente une analyse détaillée de la chronologie des événements, des plateformes numériques utilisées, des comptes les plus actifs, des principaux discours diffusés en ligne ainsi qu’une évaluation du degré de fiabilité de chaque information. L’objectif est d’expliquer comment une vaste campagne numérique a pu se transformer en une vague de passages collectifs vers Ceuta.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page