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Les chefs d’État de la CEDEAO approuvent officiellement le gazoduc Maroc-Nigeria : un corridor énergétique géant reliant l’Afrique à l’Europe pour près de 23 milliards d’euros

ALDAR/

 

Les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont officiellement approuvé, dimanche, lors de leur sommet ordinaire tenu à Freetown, en Sierra Leone, l’accord intergouvernemental relatif au projet de Gazoduc Africain Atlantique reliant le Nigeria au Maroc. Cette décision marque une étape décisive vers la concrétisation de l’un des plus ambitieux projets d’infrastructures énergétiques du continent africain.

Selon l’Agence France-Presse (AFP), ce gazoduc, long d’environ 6 000 kilomètres, a pour vocation d’acheminer plusieurs milliards de mètres cubes de gaz naturel nigérian à travers treize pays africains bordant la façade atlantique jusqu’au Maroc, avant son raccordement au gazoduc Maghreb-Europe, ouvrant ainsi un nouveau corridor d’approvisionnement énergétique vers les marchés européens.

Prenant la parole à l’ouverture du sommet, le président en exercice de la CEDEAO et chef de l’État sierra-léonais, Julius Maada Bio, a souligné que l’accord sur le gazoduc reliant l’Afrique de l’Ouest au Maroc était désormais une réalité. « Nous avons signé l’accord sur le gazoduc entre l’Afrique de l’Ouest et le Maroc. Ne soyez donc pas surpris lorsque le gaz arrivera dans vos pays », a-t-il déclaré.

Dans un communiqué conjoint, l’Office National des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM) du Maroc et la Nigerian National Petroleum Company (NNPC) ont indiqué que ce projet vise à connecter les importantes ressources gazières de l’Afrique de l’Ouest aux principaux centres de consommation de la région, tout en renforçant l’intégration des marchés énergétiques africains et en créant un nouveau corridor de développement reliant les pays d’Afrique de l’Ouest, les États du Sahel, le Maroc et l’Europe.

Le communiqué précise que les avancées enregistrées à Freetown constituent une étape déterminante avant le lancement des prochaines phases opérationnelles. Celles-ci comprennent notamment la création de la société chargée du projet à Casablanca, ainsi que la mise en place de la Haute Autorité de gouvernance du gazoduc, dont le siège sera établi à Abuja, avant l’ouverture de la phase de mobilisation des investisseurs et la prise de la décision finale d’investissement (FID).

Toujours selon une source de l’ONHYM citée par l’AFP, les travaux de construction devraient débuter en 2027, tandis que les premières livraisons de gaz sont attendues à partir de 2031.

La directrice générale de l’ONHYM, Amina Benkhadra, a affirmé que le Gazoduc Africain Atlantique contribuera durablement au renforcement de la sécurité énergétique, à l’accélération de l’industrialisation du continent, à la valorisation des ressources naturelles africaines et à la promotion d’un développement partagé ainsi que d’une prospérité économique durable.

L’initiative remonte à 2016, lorsque Sa Majesté le Roi Mohammed VI avait lancé ce projet lors d’une visite officielle à Abuja, dans le cadre d’une vision stratégique visant à renforcer les partenariats économiques et énergétiques entre le Royaume du Maroc et les pays africains.

L’Agence France-Presse rappelle également que le projet a pris une dimension stratégique supplémentaire après la décision de l’Algérie, premier exportateur africain de gaz naturel, de mettre fin en 2022 à l’exploitation du gazoduc Maghreb-Europe, qui acheminait le gaz algérien vers l’Espagne via le territoire marocain, à la suite de la rupture des relations diplomatiques entre Alger et Rabat.

Ce projet s’inscrit par ailleurs dans un contexte de profondes mutations géopolitiques du marché mondial de l’énergie, marqué notamment par la flambée des prix des hydrocarbures depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, renforçant la nécessité pour l’Europe de diversifier ses sources d’approvisionnement énergétique.

Le coût global du Gazoduc Africain Atlantique est estimé à près de 23 milliards d’euros, ce qui en fait l’un des plus vastes projets énergétiques stratégiques actuellement en développement sur le continent africain.

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