A LA UNERoi

De la vision royale à l’action : le Gazoduc Afrique Atlantique franchit une étape historique

 

ALDAR/ Meriem Hafiani

Le projet du Gazoduc Afrique Atlantique Maroc-Nigeria a franchi une étape décisive avec la signature de l’accord intergouvernemental à Freetown, en Sierra Leone. Cette avancée majeure consolide le cadre institutionnel et juridique de ce chantier continental d’envergure et ouvre la voie au lancement de sa phase d’exécution, après plusieurs années de préparation et de coordination entre le Royaume du Maroc et la République fédérale du Nigeria.

Ce projet est l’aboutissement de la vision stratégique portée conjointement par Sa Majesté le Roi Mohammed VI et l’ancien président nigérian Muhammadu Buhari lors de la visite royale au Nigeria en 2016. Une dynamique qui continue d’être soutenue par l’actuel président nigérian, Bola Ahmed Tinubu, lequel réaffirme son engagement en faveur de cette initiative considérée comme l’un des plus importants projets d’intégration énergétique et de développement partagé en Afrique.

WhatsApp Image 2026 07 19 at 21.28.49

Depuis son lancement, l’Office National des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM) et la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPC Ltd.) poursuivent le développement du projet dans le cadre d’un partenariat stratégique fondé sur la confiance mutuelle et une vision commune de l’intégration africaine. Cette coopération dépasse aujourd’hui le seul secteur énergétique pour englober des dimensions économiques, politiques et sécuritaires, illustrant un modèle avancé de coopération Sud-Sud.

La signature de l’accord intergouvernemental à Freetown constitue une étape institutionnelle majeure dans le processus de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Elle formalise l’adhésion des États membres au cadre juridique du projet, renforçant ainsi ses fondements réglementaires et organisationnels. Elle marque également le passage d’une initiative portée par une volonté politique à une phase d’appropriation institutionnelle par les pays de la région, le Maroc participant à cette dynamique en tant que promoteur du projet, sans être membre de la CEDEAO.

Cette étape prépare la signature officielle, prévue au Royaume du Maroc à l’automne prochain, de l’accord portant création de la société chargée de la gestion du projet. Basée au Maroc, cette structure assurera la gouvernance opérationnelle et financière du gazoduc. La cérémonie devrait réunir Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le président de la République fédérale du Nigeria ainsi que le président de la République islamique de Mauritanie, marquant le passage définitif de la phase de structuration institutionnelle à celle de la réalisation et de l’exploitation du projet.

Au-delà de son rôle d’infrastructure de transport de gaz naturel, le Gazoduc Afrique Atlantique Maroc-Nigeria représente un levier stratégique pour renforcer l’intégration régionale, la souveraineté énergétique et le développement partagé en Afrique de l’Ouest. Il devrait contribuer à la sécurité énergétique, soutenir l’industrialisation, favoriser la création d’emplois, diversifier les sources d’approvisionnement et offrir de nouvelles perspectives d’accès aux marchés européens dans un contexte géopolitique en pleine mutation.

Le projet s’inscrit également dans la Vision Atlantique de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui ambitionne de faire de l’espace atlantique une plateforme de coopération, d’intégration économique et de connectivité entre l’Afrique, l’Europe et les Amériques. Cette approche vise à renforcer les liens entre les économies et les peuples tout en consolidant le rôle de l’Afrique de l’Ouest comme un espace plus intégré, plus souverain et davantage tourné vers l’avenir.

La signature de l’accord de Freetown confirme ainsi que le Gazoduc Afrique Atlantique poursuit son avancée avec constance vers sa phase de réalisation, porté par un partenariat solide entre le Maroc et le Nigeria ainsi que par l’engagement collectif des États de la région. Il s’impose désormais comme l’un des projets stratégiques les plus ambitieux appelés à redessiner durablement la carte de l’énergie et du développement sur le continent africain au cours des prochaines décennies.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page