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Originaire de Marrakech et de Casablanca : Gadi Eisenkot, un sérieux rival de Netanyahu pour le poste de Premier ministre israélien

ALDAR/ Imane Alaoui

L’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne, Gadi Eisenkot, s’impose aujourd’hui comme l’un des principaux challengers du Premier ministre Benjamin Netanyahu, après que les derniers sondages ont révélé une progression significative du parti qu’il dirige. Cette dynamique intervient dans un contexte de critiques croissantes visant le gouvernement israélien, en raison de la guerre en cours et de la profonde crise politique que traverse le pays.

Selon une analyse publiée par Reuters, Eisenkot est désormais perçu en Israël comme une personnalité jouissant d’une crédibilité et d’une intégrité supérieures à celles de Netanyahu. Plusieurs analystes estiment qu’il a réussi à construire une image politique fondée sur la discipline, l’éthique et l’expérience, à l’écart de la polarisation qui domine la vie politique israélienne depuis plusieurs années.

L’une des particularités de Gadi Eisenkot réside également dans ses origines marocaines. Des sources israéliennes indiquent que son père, Meir Eisenkot, est né à Marrakech, tandis que sa mère, Esther, est originaire de Casablanca. Les racines familiales s’étendent également à la ville de Safi. La famille a quitté le Maroc dans les années 1950, lors des vagues d’immigration juive vers Israël, avant la naissance de Gadi Eisenkot en 1960 à Tibériade.

Les médias israéliens rapportent par ailleurs que le nom de famille d’origine était « Azinkot », un patronyme d’origine marocaine, avant d’être transformé en « Eisenkot » après l’arrivée de la famille en Israël, à la suite d’une modification intervenue lors de son enregistrement dans les documents administratifs. Une histoire qui rappelle celle de nombreuses familles juives marocaines ayant émigré à cette époque.

Eisenkot bénéficie d’une image particulière auprès des Israéliens issus des communautés séfarades et orientales. Pour beaucoup, il incarne la réussite d’un fils d’immigrés marocains ayant accédé aux plus hautes responsabilités militaires et politiques. Cette origine pourrait également lui permettre de séduire une partie de l’électorat oriental, longtemps considéré comme l’un des bastions traditionnels du Likoud de Benjamin Netanyahu.

Au cours de sa carrière militaire, Gadi Eisenkot a occupé plusieurs postes de commandement avant d’être nommé chef d’état-major de l’armée israélienne entre 2015 et 2019. Son nom reste notamment associé à la « doctrine de Dahieh », une stratégie militaire adoptée par Israël dans ses opérations contre ses adversaires.

Après avoir quitté l’institution militaire, il s’est engagé en politique. Il a intégré le cabinet de guerre mis en place après les attaques du 7 octobre 2023, avant de démissionner en critiquant ouvertement la gestion de la guerre par Benjamin Netanyahu ainsi que le processus décisionnel du gouvernement. Il a ensuite lancé son propre projet politique, qui enregistre depuis une progression notable dans les enquêtes d’opinion, faisant de lui l’un des candidats les plus crédibles pour diriger Israël à l’avenir.

Reuters souligne également que son image s’est renforcée après le drame personnel qu’il a vécu durant la guerre, avec la mort de son fils, Gal Meir Eisenkot, tué lors des combats dans la bande de Gaza, ainsi que celle de deux de ses neveux. Un épisode qui a suscité une forte vague de sympathie au sein de l’opinion publique israélienne.

Bien qu’il défende des positions sécuritaires fermes sur de nombreux dossiers, les derniers sondages montrent qu’un nombre croissant d’Israéliens le considèrent comme plus à même de rassembler les différentes composantes de la classe politique et de former une coalition gouvernementale stable que Benjamin Netanyahu, dont la popularité s’est érodée au fil des crises successives.

À l’approche des prochaines élections, Gadi Eisenkot ne se présente plus comme un simple ancien général. Cet Israélien d’origine marocaine apparaît désormais comme l’une des figures politiques les plus sérieusement capables de remettre en cause l’avenir politique de Benjamin Netanyahu, dans ce qui pourrait être l’une des campagnes électorales les plus déterminantes de l’histoire récente d’Israël.

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