La Mauritanie s’oriente-t-elle vers une révision de sa position sur le dossier du Sahara ? Vers une reconnaissance explicite de la souveraineté du Maroc et de l’initiative d’autonomie ?
La Mauritanie s’oriente-t-elle vers une révision de sa position sur le dossier du Sahara ? Vers une reconnaissance explicite de la souveraineté du Maroc et de l’initiative d’autonomie ?

ALDAR/ Imane Alaoui
Le dossier du Sahara semble entrer dans une nouvelle phase de recomposition régionale, où les interrogations ne se limitent plus à la gestion du statu quo, mais portent désormais sur la capacité de certains acteurs, en particulier la Mauritanie, à s’adapter aux évolutions rapides qui renforcent, de manière croissante, la pertinence du plan d’autonomie sous souveraineté marocaine, considéré comme une solution réaliste et crédible sur le plan international.
Les données diplomatiques actuelles indiquent que Nouakchott adopte une approche de plus en plus pragmatique, accordant la priorité à la stabilité régionale ainsi qu’aux intérêts économiques et sécuritaires. Cette évolution s’inscrit dans une prise de conscience grandissante : le maintien d’une zone grise n’est plus en phase ni avec les dynamiques en cours en Afrique de l’Ouest, ni avec la tendance internationale qui privilégie progressivement les solutions concrètes aux conflits gelés.
Dans ce contexte, le Maroc s’impose comme un acteur central, ayant consolidé ces dernières années sa position diplomatique à travers l’accumulation de soutiens internationaux en faveur de l’initiative d’autonomie. Celle-ci est ainsi passée du statut de simple proposition politique à celui de cadre de référence pour les négociations, bénéficiant d’une adhésion croissante dans les milieux onusiens et internationaux. Cette évolution place les pays voisins, au premier rang desquels la Mauritanie, face à une nouvelle équation liée à leur capacité d’adaptation à ce consensus grandissant.
Les relations maroco-mauritaniennes, quant à elles, connaissent une phase de calme stratégique et de rapprochement pragmatique, marquée par la coopération sécuritaire et économique ainsi que par la coordination d’intérêts communs dans des secteurs clés, notamment la sécurité frontalière, les interconnexions énergétiques et la complémentarité commerciale dans l’espace atlantique et sahélien. Ce rapprochement offre à Nouakchott une plus grande marge de manœuvre pour réévaluer ses positions traditionnelles, loin des pressions idéologiques ayant marqué les phases précédentes.
Il est difficile d’ignorer que la poursuite de la ligne défendue par le régime algérien dans le dossier du Sahara, fondée sur le soutien à des thèses dépassées et de moins en moins applicables sur le terrain, a contribué à complexifier le processus politique et à affaiblir les perspectives d’un véritable consensus maghrébin. Cette approche, reposant sur une logique d’usure politique plutôt que sur le pragmatisme, se heurte de plus en plus aux évolutions internationales en faveur de solutions réalistes garantissant stabilité et développement.
Dans ce paysage en mutation, une question centrale s’impose : la Mauritanie pourrait-elle, à terme, franchir un pas plus audacieux en révisant sa reconnaissance de l’entité séparatiste et en apportant un soutien explicite à l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine ?
Si la réponse demeure encore liée à des équilibres délicats et à des calculs régionaux complexes, les signaux actuels suggèrent néanmoins un rétrécissement progressif de la marge de réserve traditionnelle, au profit d’une logique de convergence des intérêts, notamment dans un contexte où la coopération maroco-mauritanienne devient un levier essentiel de stabilité et de développement dans la région.
La Mauritanie semble ainsi se trouver face à un véritable moment de choix : soit poursuivre la gestion des équilibres hérités du passé, soit s’inscrire dans une nouvelle dynamique régionale portée par l’élan croissant de reconnaissance de la souveraineté marocaine et du plan d’autonomie comme solution pragmatique et durable au conflit.




