Une initiative marocaine avancée brise l’impasse : un document détaillé sur l’autonomie met les adversaires de l’intégrité territoriale à l’épreuve du réalisme
Une initiative marocaine avancée brise l’impasse : un document détaillé sur l’autonomie met les adversaires de l’intégrité territoriale à l’épreuve du réalisme

ALDAR/ Iman Alaoui
La question du Sahara marocain s’oriente ce dimanche à Madrid vers un nouveau tournant diplomatique, à la lumière des révélations de la presse espagnole, en particulier El Confidencial, faisant état d’intenses manœuvres politiques menées par les États-Unis en vue du lancement d’un premier cycle de négociations dans la capitale espagnole. Ces discussions devraient réunir le Maroc, l’Algérie et le Front Polisario, en présence de la Mauritanie. Toutefois, la nouveauté de cette séquence ne réside pas uniquement dans la reprise du dialogue, mais surtout dans la nature de l’initiative mise sur la table par Rabat, illustrant le passage du Maroc d’une posture défensive à l’imposition de sa proposition comme référence pragmatique et réaliste pour le règlement du différend.
Selon les informations disponibles, le Maroc a élaboré un dossier complet de quarante pages consacré à l’initiative d’autonomie. Ce document dépasse le cadre d’une formule politique générale pour entrer dans des détails institutionnels, juridiques et socio-économiques précis, conférant au projet une véritable capacité de mise en œuvre, bien au-delà d’une simple déclaration d’intentions. D’après plusieurs lectures diplomatiques, cette démarche adresse un message clair à la communauté internationale : Rabat dispose d’une vision globale et cohérente pour la gestion des provinces du Sud dans le cadre de la souveraineté nationale, tout en garantissant une participation effective des populations locales à l’administration de leurs affaires.
Cette initiative traduit également une confiance marocaine accrue dans la légitimité de sa position, confortée par l’élargissement du soutien international à l’initiative d’autonomie, désormais reconnue comme une solution sérieuse et crédible. Cette évolution a été consacrée par les prises de position de puissances internationales majeures ainsi que par des résolutions onusiennes de plus en plus axées sur des solutions réalistes, au détriment de thèses devenues obsolètes. À travers cette proposition détaillée, le Maroc établit un lien direct entre stabilité politique et développement économique, en proposant un modèle de gouvernance locale élargie au sein d’un État unitaire, en phase avec les mutations globales dans la gestion des conflits régionaux.
À l’inverse, la partie adverse se retrouve dans une position délicate, s’accrochant à un discours traditionnel autour du « droit à l’autodétermination » qui ne correspond plus ni aux rapports de force actuels ni aux priorités de la communauté internationale, notamment face à l’aggravation des défis sécuritaires dans la région sahélo-saharienne. L’acceptation de s’asseoir à la table des négociations sous parrainage américain traduit, par ailleurs, une reconnaissance implicite que l’ignorance de l’initiative marocaine n’est désormais plus une option viable.
Quant au choix de Madrid pour accueillir ces rencontres à partir de ce dimanche, il revêt une portée politique significative. Il s’inscrit non seulement dans la responsabilité historique de l’Espagne, mais également dans le contexte d’un changement clair de sa position en faveur de l’initiative marocaine. Cette conjoncture confère à Rabat un avantage politique et symbolique certain, et confirme que la proposition d’autonomie constitue aujourd’hui le seul point de convergence possible entre réalisme politique et exigences de la légalité internationale.
Le Maroc aborde ainsi cette nouvelle phase de discussions en position de force et de confiance, armé d’un document avancé et d’une vision structurée. De leur côté, les adversaires de son intégrité territoriale semblent confrontés à un moment de vérité : soit s’engager dans une solution réaliste mettant fin à un conflit artificiel et prolongé, soit persister dans une impasse que le temps a déjà dépassée.




