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Dans le cadre du renforcement de la coopération culturelle et intellectuelle entre le Maroc et la Chine, l’Institut Confucius de Rabat a organisé un colloque scientifique intitulé : « Dialogue intercivilisationnel entre Ibn Battuta et Wang Dayuan : deux étoiles de la Route de la soie, messagers de la civilisation », avec la participation de chercheurs et de personnes intéressées par l’histoire, la pensée et les relations civilisationnelles entre les deux pays.
Lors de son intervention à cette rencontre, Nasser Bouchiba, président de l’Association de coopération sino-africaine et professeur de sciences politiques en Chine, a proposé une lecture mettant en lumière la place qu’occupe le voyageur marocain Ibn Battuta dans la mémoire intellectuelle et humaine. Il l’a présenté comme l’une des figures majeures ayant incarné l’ouverture du Maroc sur le monde, à travers des voyages qui ne se limitaient pas à l’exploration géographique, mais s’étendaient également à l’observation des systèmes de gouvernance, des traditions et des cultures rencontrés dans différents pays.
Bouchiba a souligné qu’Ibn Battuta a laissé un riche héritage de connaissances dans la littérature de voyage, constituant une contribution marocaine singulière à l’évolution de la pensée humaine. Il a également rappelé que cet apport s’inscrit dans un patrimoine civilisationnel et intellectuel plus vaste, auquel ont contribué plusieurs grandes figures marocaines ayant marqué l’histoire de la philosophie, de la médecine, de la littérature et du soufisme, notamment Averroès, Ibn Tufayl, Ibn Bajja et Ibn Arabi, dont les travaux ont constitué des jalons importants dans l’histoire du savoir humain.
Dans cette perspective, Bouchiba a proposé d’établir un pont intellectuel entre l’expérience de terrain d’Ibn Battuta et la pensée éthique du sage chinois Confucius, dont l’époque remonte à plus de quatorze siècles avant celle du voyageur marocain.
Selon lui, la mise en perspective de ces deux figures offre une approche intellectuelle permettant d’explorer les convergences civilisationnelles et d’ouvrir de nouvelles perspectives de rapprochement entre les cultures marocaine et chinoise.
Il a expliqué que son approche de cette thématique repose sur deux axes fondamentaux. Le premier porte sur la réception de la pensée confucéenne dans le monde arabe et musulman, tandis que le second vise à examiner les points de convergence et de divergence entre certains principes confucéens et la démarche adoptée par Ibn Battuta dans ses récits de voyage, tout en tenant compte des spécificités des deux contextes civilisationnels et de la nature de la contribution intellectuelle de chaque figure.
Selon l’approche présentée par Bouchiba, l’intérêt de cette réflexion réside dans le dépassement d’une lecture historique traditionnelle des grandes figures civilisationnelles, afin de valoriser leur héritage intellectuel dans la construction de passerelles de compréhension et d’interaction entre les cultures. Une démarche qui contribue à approfondir le dialogue maroco-chinois et à lui donner une dimension dépassant le cadre des relations traditionnelles, pour englober les domaines du savoir, des valeurs et des échanges civilisationnels.




