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18e sommet des BRICS : une plateforme pour renforcer la voix du Sud global et ouvrir de nouvelles perspectives à l’Afrique

ALDAR /

La capitale indienne, New Delhi, a accueilli les 12 et 13 septembre courant les travaux du 18e sommet des BRICS, marquant une nouvelle étape dans l’évolution d’un groupement qui a considérablement renforcé sa présence sur la scène internationale au cours des dernières années, à la faveur de son poids économique et politique croissant et de l’élargissement de sa représentativité au sein du Sud global.

Placée sous le thème « Construire la résilience, l’innovation, la coopération et la durabilité », la rencontre s’est tenue dans un contexte international marqué par la montée des tensions géopolitiques et par un débat croissant sur l’avenir de la gouvernance mondiale, ainsi que sur la nécessité d’accorder aux différentes puissances économiques et politiques, notamment celles du Sud, une place plus importante dans les processus de décision internationaux.

Pour la journaliste Meryem Hafiani, de l’agence marocaine « Aldar Media », l’évolution des BRICS au cours des deux dernières décennies traduit la volonté croissante de plusieurs pays de jouer un rôle plus important dans l’élaboration des règles qui régissent l’économie mondiale et les relations internationales.

Selon cette approche, l’ambition des BRICS ne consiste pas à instaurer un nouvel ordre international fondé sur la division, mais plutôt à promouvoir un système plus équilibré et plus représentatif, reposant sur le dialogue, la coopération et le respect de la souveraineté des États.

Le sommet a également mis en évidence l’importance de l’élargissement du groupe, qui a permis de réunir au sein d’un même cadre des économies, des expériences et des priorités diverses, ouvrant ainsi la voie à une coopération élargie dans les domaines du commerce, de l’investissement, des infrastructures, des technologies, de l’innovation, de l’agriculture, du financement, de l’énergie et du développement durable.

Les travaux des BRICS ont par ailleurs confirmé l’élargissement de leur coopération aux volets politique, sécuritaire, économique et financier, parallèlement au renforcement des échanges et des liens entre les peuples des pays membres et partenaires. Cette dynamique offre au groupe davantage de moyens pour traduire ses ambitions politiques en initiatives et en projets à dimension économique et développementale.

Dans ce contexte, la Chine s’est affirmée comme l’un des principaux moteurs de la coopération au sein des BRICS, notamment à travers son accent mis sur le développement, la connectivité économique, les infrastructures et l’intensification des échanges entre les pays du Sud.

Meryem Hafiani estime que l’expérience chinoise dans l’industrialisation, le développement des infrastructures, la transformation numérique et la coopération Sud-Sud pourrait contribuer à donner aux partenariats au sein des BRICS une dimension plus concrète, notamment pour les pays en développement à la recherche de nouvelles opportunités en matière d’investissement, de développement et de transfert de technologies.

L’Afrique a également occupé une place croissante dans cette dynamique. Plusieurs pays du continent sont désormais directement engagés dans les mécanismes des BRICS, tandis que d’autres participent au groupe en tant que pays partenaires. Cette évolution offre à l’Afrique un espace supplémentaire pour défendre ses priorités et prendre part aux discussions sur l’avenir de l’économie mondiale.

Le financement du développement, l’accélération de l’industrialisation, le renforcement de la sécurité alimentaire et énergétique, le développement des infrastructures, le transfert de technologies et la création d’emplois pour les jeunes figurent parmi les principales priorités mises en avant. L’amélioration de l’accès aux marchés mondiaux et le renforcement de l’intégration des économies africaines dans les chaînes de valeur internationales constituent également des enjeux majeurs.

Pour l’Afrique, toutefois, l’enjeu ne réside pas uniquement dans l’élargissement de sa présence au sein des BRICS. Il dépend surtout de sa capacité à transformer cette ouverture en partenariats et en projets concrets susceptibles de produire des retombées directes sur ses économies et ses sociétés.

Dans cette perspective, le continent est appelé à évoluer du statut de marché ou de fournisseur de ressources naturelles vers celui de partenaire pleinement actif, en mettant en avant ses propres initiatives, en défendant ses intérêts et en participant à l’élaboration des règles qui contribueront à façonner l’économie et la gouvernance internationales au cours des prochaines années.

Le sommet de New Delhi a ainsi constitué une occasion pour les BRICS de mettre à l’épreuve leur capacité à transformer la diversité de leurs membres et partenaires en une coopération concrète et à développer des mécanismes plus efficaces dans les domaines du commerce, de l’investissement, du développement, de l’innovation et du financement.

Alors que le système international poursuit sa transformation, le 18e sommet des BRICS a confirmé que le principal défi pour le groupe consiste désormais à traduire son discours en faveur du multilatéralisme, de l’équilibre et d’une représentation plus large en partenariats et initiatives concrètes.

La poursuite de cette dynamique pourrait permettre aux BRICS de consolider leur rôle parmi les plateformes internationales offrant aux pays du Sud global un espace plus large pour faire entendre leurs priorités et participer au débat sur l’avenir de la gouvernance mondiale, tandis que l’Afrique cherche à renforcer son influence dans les domaines économique et politique à l’échelle internationale.

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