L’heure supplémentaire instaurée par le PJD reléguée aux oubliettes de l’histoire : Akhannouch rétablit l’heure GMT

Par Imane Alaoui
Dans une décision aux fortes répercussions sociales et politiques, le chef du gouvernement Aziz Akhannouch a annoncé le retour du Maroc à l’heure de Greenwich (GMT) à l’issue de la saison estivale, mettant ainsi un terme à l’un des dossiers les plus controversés et les plus critiqués par les Marocains au cours des dernières années.
L’adoption permanente de l’heure supplémentaire, décidée en 2018, était en effet devenue une source persistante de mécontentement pour de nombreuses familles, élèves, fonctionnaires et professionnels, qui dénonçaient ses effets sur leur quotidien.
Cette décision est perçue comme une réponse directe à une revendication populaire qui n’a cessé de se manifester depuis l’instauration de l’heure légale du Royaume basée sur l’ajout permanent de soixante minutes, sous le gouvernement dirigé par le Parti de la Justice et du Développement (PJD). À l’époque, cette mesure avait surpris l’opinion publique et suscité une vague inédite de critiques et de protestations, aussi bien dans la rue que sur les réseaux sociaux.
Depuis l’entrée en vigueur du décret gouvernemental durant le mandat du PJD, le débat sur l’heure supplémentaire n’a jamais cessé. De nombreux Marocains ont dénoncé ses conséquences sur la vie quotidienne, notamment en hiver, lorsque des millions d’élèves, d’étudiants et de travailleurs étaient contraints de quitter leur domicile avant le lever du soleil, souvent dans des conditions climatiques difficiles.
Cette situation avait alimenté des inquiétudes liées à la sécurité, à la santé psychologique ainsi qu’aux répercussions sur la concentration, les performances scolaires et l’équilibre familial.
Malgré l’ampleur du rejet populaire, le gouvernement du PJD avait maintenu sa position, justifiant cette réforme par des considérations économiques, notamment la réduction de la consommation énergétique et l’amélioration des échanges avec les partenaires économiques internationaux. Des arguments qui n’avaient toutefois pas convaincu une large partie de la population, estimant que le coût social et psychologique de cette mesure dépassait largement les bénéfices annoncés.
Au fil des années, la question de l’heure supplémentaire est restée au cœur du débat public et s’est progressivement imposée comme l’un des principaux symboles des critiques adressées à l’ancienne majorité gouvernementale. Les appels à son abolition et au retour à l’heure GMT, qui avait été la référence officielle du Royaume pendant des décennies, se sont multipliés.
Avec l’arrivée d’Aziz Akhannouch à la tête du gouvernement et la mise en place de la coalition majoritaire conduite par le Rassemblement National des Indépendants (RNI) aux côtés de ses alliés, le dossier est revenu sur le devant de la scène politique et institutionnelle, dans le cadre d’une démarche visant à réévaluer les politiques publiques à l’aune des attentes des citoyens.
L’annonce du retour à l’heure GMT à la fin de l’été confirme ainsi la volonté de l’actuel exécutif de répondre à une demande largement partagée au sein de la société marocaine. Pour de nombreux observateurs, cette mesure traduit une volonté politique de clore un débat qui a duré plusieurs années et de rétablir le régime horaire en vigueur avant la décision de 2018.
Au-delà de son aspect pratique, cette décision revêt une forte portée symbolique. Elle tourne la page de l’une des mesures les plus controversées de la période de gestion gouvernementale du PJD et consacre une nouvelle approche plaçant les dimensions sociales et psychologiques des politiques publiques au cœur du processus décisionnel.
Alors que les Marocains attendent désormais l’entrée en vigueur de cette mesure à l’issue de la saison estivale, l’attention se porte déjà sur ses effets attendus pour les familles, les établissements scolaires et les administrations publiques. Beaucoup considèrent que le gouvernement d’Aziz Akhannouch est parvenu à résoudre un dossier devenu, au fil des années, l’un des principaux motifs de mécontentement populaire, en répondant à une revendication sociétale de grande ampleur réclamant le retour à l’heure GMT et l’abandon définitif de l’heure supplémentaire instaurée en 2018 sous le gouvernement du Parti de la Justice et du Développement.




