La rencontre entre le Roi Mohammed VI et le Président des Émirats arabes unis agite le Palais d’El Mouradia : pourquoi l’alliance Rabat-Abou Dhabi inquiète-t-elle les généraux algériens ?

Par Iman Alaoui
L’annonce de la rencontre entre Sa Majesté le Roi Mohammed VI et Son Altesse Cheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyane, Président des Émirats arabes unis, à l’occasion de sa visite privée au Royaume du Maroc, n’a pas été un événement ordinaire dans la région. Très rapidement, cette rencontre est devenue une nouvelle cible des campagnes d’hostilité et de dénigrement menées par les relais médiatiques proches du régime militaire algérien, révélant ainsi l’inquiétude que suscite, à Alger, tout rapprochement stratégique entre Rabat et Abou Dhabi.
Depuis plusieurs années, les relations maroco-émiraties constituent pourtant un modèle de partenariat arabe fondé sur la confiance mutuelle, le respect réciproque et une convergence de vues sur les questions liées à la stabilité et au développement. Il s’agit d’une relation qui dépasse les intérêts conjoncturels ou les calculs circonstanciels, reposant sur des liens historiques solides entre les dirigeants des deux pays ainsi que sur une vision commune de l’avenir du monde arabe face aux défis croissants de la scène internationale.
La visite du Président émirati au Maroc et son entretien avec le Roi Mohammed VI viennent une nouvelle fois confirmer la solidité de cette alliance stratégique. Elles adressent également un message clair : Rabat et Abou Dhabi poursuivent le renforcement de leur coopération politique, économique et d’investissement, loin des polémiques médiatiques et des considérations idéologiques étroites.
À l’inverse, il est apparu évident que cette séquence diplomatique n’a guère été appréciée par le régime militaire algérien, qui semble observer avec suspicion chaque succès diplomatique ou économique enregistré par le Maroc. Au lieu de concentrer ses efforts sur les défis internes auxquels fait face l’Algérie, qu’ils soient économiques, sociaux ou politiques, l’appareil de communication officiel continue de faire du Maroc une obsession permanente et un sujet central de son discours médiatique.
Les réactions virulentes ayant suivi l’annonce de cette rencontre royale témoignent d’ailleurs du malaise que traverse le pouvoir algérien. Tandis que le Maroc multiplie les partenariats stratégiques avec les grandes puissances régionales et internationales et consolide son statut d’acteur crédible sur les scènes africaine, arabe et méditerranéenne, l’Algérie apparaît de plus en plus isolée, conséquence de choix politiques souvent marqués par une logique de confrontation et de rivalités entretenues.
Sous l’impulsion du Roi Mohammed VI, le Maroc a réussi à bâtir un vaste réseau d’alliances équilibrées avec des partenaires influents à travers le monde, du Golfe à l’Europe, en passant par l’Afrique et les Amériques. Le Royaume a également renforcé son image de puissance régionale émergente, privilégiant une diplomatie pragmatique, des projets de développement ambitieux et une ouverture économique croissante, autant d’atouts qui lui valent une confiance grandissante auprès de nombreux États et partenaires internationaux.
De leur côté, les Émirats arabes unis se sont imposés comme une référence mondiale en matière de développement, d’investissement et d’innovation, tout en jouant un rôle majeur dans l’évolution de l’économie régionale et internationale. Dès lors, le rapprochement entre Rabat et Abou Dhabi dépasse largement le cadre d’une simple relation bilatérale entre deux pays frères : il incarne la convergence de deux modèles fondés sur la stabilité, la vision stratégique et l’ambition de développement.
C’est dans ce contexte que l’on peut comprendre les manifestations récurrentes d’irritation observées en Algérie. À mesure que le Maroc renforce son positionnement international et élargit le cercle de ses partenaires stratégiques, le discours hostile émanant de certaines sphères proches du pouvoir algérien tend à se radicaliser. Pourtant, les réalités du terrain montrent que la politique marocaine de construction de partenariats et de coopération produit des résultats tangibles, tandis que les logiques de confrontation contribuent davantage à accentuer l’isolement et à réduire les marges d’influence régionale.
La rencontre entre le Roi Mohammed VI et Cheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyane s’inscrit ainsi dans la continuité d’une longue histoire de coopération maroco-émiratie, dont la solidité s’est confirmée au fil des décennies. Quant aux campagnes de réaction qui accompagnent régulièrement ce type d’événements, elles traduisent avant tout l’embarras provoqué par les succès diplomatiques du Maroc auprès de ceux qui continuent d’appréhender les relations internationales sous l’angle de la rivalité plutôt que sous celui de la coopération et du partenariat.




