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Tiago Pereira échoue là où Nabil Baha avait réussi : le Maroc perd sa couronne africaine des U17

Par Sara El Wakili

La sélection marocaine des moins de 17 ans a subi un véritable coup d’arrêt après sa défaite face au Sénégal en demi-finale de la Coupe d’Afrique des Nations U17 organisée au Maroc. Un revers douloureux qui prive les Lionceaux de l’Atlas de la possibilité de défendre leur titre continental à domicile et devant leur public, tout en relançant le débat autour du projet technique des catégories de jeunes, malgré les progrès enregistrés ces dernières années.

Cette défaite contre une équipe sénégalaise solide, disciplinée et physiquement impressionnante ne se résume pas à une simple élimination en demi-finale. Elle a surtout ravivé les interrogations concernant les choix techniques et la gestion tactique de la rencontre. Le Maroc abordait pourtant cette compétition avec le statut de champion en titre et de favori déclaré, profitant de l’avantage du terrain, du soutien populaire, ainsi que d’un effectif composé de jeunes talents issus d’académies européennes et de centres de formation modernes.

Dès les premières minutes, le Sénégal a imposé une forte intensité physique et mentale, réduisant les espaces et empêchant les Marocains de développer leur jeu avec fluidité. En face, les Lionceaux sont apparus bien loin de leur niveau habituel, notamment dans les transitions rapides, la création d’occasions et l’exploitation des coups de pied arrêtés, des secteurs qui constituaient pourtant leurs principales forces lors des précédentes rencontres.

L’entraîneur portugais Tiago Pereira s’est retrouvé au centre des critiques après le coup de sifflet final. De nombreux observateurs estiment que le staff technique n’a pas su lire les détails du match ni apporter les ajustements nécessaires, que ce soit dans les choix des joueurs ou dans les changements effectués en cours de partie, lesquels n’ont pas produit l’impact attendu. Beaucoup ont également souligné le manque de solutions tactiques du Maroc après la perte de contrôle du milieu de terrain, alors que le Sénégal affichait une forte personnalité et une remarquable discipline collective.

Dans ce contexte de critiques, le nom de Nabil Baha est revenu avec insistance dans les débats. Plusieurs observateurs ont défendu le travail accompli par l’ancien sélectionneur avec les catégories de jeunes. Celui qui avait conduit le Maroc au sacre continental et à un parcours honorable lors de la dernière Coupe du monde U17, conclue par une qualification en quart de finale, avait lui aussi été confronté à de nombreuses critiques, notamment concernant certaines décisions liées à l’intégration de son fils dans le groupe. Pourtant, les résultats et les performances techniques semblaient régulièrement lui donner raison.

Pour de nombreux spécialistes du football marocain, cette demi-finale démontre une nouvelle fois que la stabilité et la continuité technique demeurent essentielles dans la construction des sélections de jeunes. À cet âge, un projet à long terme apparaît souvent plus bénéfique que des changements fréquents ou des décisions émotionnelles dictées par le résultat d’un seul match.

Toutefois, le parcours des Lionceaux ne peut être réduit à cette seule défaite. Le Maroc possède encore une génération prometteuse composée de joueurs aux qualités techniques et athlétiques importantes. La présence du pays dans le dernier carré continental confirme d’ailleurs la régularité du football marocain parmi les grandes nations africaines au niveau des jeunes catégories.

Néanmoins, l’échec à conserver le titre sur le sol marocain devrait pousser la Fédération Royale Marocaine de Football à mener une évaluation approfondie de la prochaine étape, tant sur le plan de l’encadrement technique que sur celui de la préparation mentale des joueurs face à la pression des grands rendez-vous.

Cette élimination a également relancé l’éternel débat autour du profil idéal pour diriger les équipes de jeunes : faut-il privilégier l’expertise des techniciens étrangers, réputés pour leur formation moderne et leur expérience internationale, ou miser davantage sur les cadres nationaux, dont la connaissance du joueur marocain, de sa mentalité et des réalités du football africain constitue un atout majeur ?

Entre la déception de l’élimination et l’amertume de la perte du titre, le principal défi pour le football marocain sera désormais de transformer cet échec en opportunité de correction et de progression, plutôt que de céder à des réactions émotionnelles. Car le véritable objectif reste la préparation d’une génération capable de s’imposer durablement au sein de l’équipe nationale A et de représenter le Maroc avec ambition sur la scène continentale et mondiale, notamment lors du prochain Mondial U17 au Qatar, avec l’espoir d’atteindre les derniers tours, voire de conquérir le titre mondial.

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