
ALDAR/ Imane Alaoui
Les récentes positions du Japon sur la question du Sahara marocain reflètent la profondeur des relations historiques qui unissent Rabat et Tokyo, des liens consolidés au fil des décennies à travers une coopération politique, économique et culturelle soutenue. Une dynamique qui a permis au Royaume de bénéficier aujourd’hui d’une considération particulière au sein des cercles décisionnels japonais, y compris auprès de la famille impériale.
Dans un geste à forte portée diplomatique, le Japon a exprimé un soutien croissant au plan d’autonomie proposé par le Maroc, le considérant comme une solution sérieuse et réaliste au différend régional autour du Sahara marocain. Une évolution que plusieurs observateurs qualifient de tournant notable par rapport à la posture traditionnellement prudente et neutre adoptée par Tokyo pendant de longues années sur ce dossier.
Ce rapprochement politique ne relève pas du hasard. Il s’inscrit dans une longue histoire de confiance et de partenariat entre les deux pays. Le Japon avait reconnu le Maroc dès les premières années suivant l’indépendance du Royaume, avant que les relations bilatérales ne se renforcent progressivement dans des secteurs stratégiques tels que l’industrie, l’énergie, la technologie, l’investissement et la coopération africaine.
Le Maroc bénéficie également d’une image positive au Japon, où il est perçu comme un partenaire stable et crédible en Afrique du Nord. Cette perception a conduit Tokyo à considérer le Royaume comme une porte d’entrée stratégique vers le continent africain et les marchés émergents.
La relation symbolique entre la famille impériale japonaise et le Maroc demeure également marquante. Elle s’illustre notamment à travers la visite effectuée en 1991 par l’actuel empereur Naruhito, alors prince héritier. Ce déplacement avait constitué une étape importante dans l’histoire des relations maroco-japonaises et avait laissé une impression particulière au sein de l’institution impériale japonaise, en raison de l’accueil chaleureux réservé au prince héritier ainsi que de l’intérêt constant qu’il porte au Maroc, à sa culture et à sa civilisation.
Pour plusieurs analystes, le rappel de ces liens historiques et symboliques permet de mieux comprendre la nature du rapprochement actuel entre Rabat et Tokyo, particulièrement dans un contexte marqué par les évolutions diplomatiques rapides autour du dossier du Sahara marocain et par le soutien international croissant dont bénéficie le plan d’autonomie marocain, considéré comme la solution la plus crédible et réaliste sous souveraineté marocaine.
La position japonaise s’inscrit ainsi dans une dynamique internationale de plus en plus favorable au Maroc, après des prises de position similaires exprimées par plusieurs grandes puissances et États influents, renforçant davantage l’élan diplomatique mené par le Royaume pour consolider la reconnaissance internationale de la marocanité du Sahara et soutenir le processus onusien en faveur d’une solution politique durable et stable.







