A LA UNEACTUALITE

Le partenariat stratégique maroco-européen : du pragmatisme conjoncturel à un pari de long terme

Le partenariat stratégique maroco-européen : du pragmatisme conjoncturel à un pari de long terme

ALDAR/ Meryem Hafiani

Le Conseil de partenariat entre le Maroc et l’Union européenne n’est plus un simple cadre institutionnel d’échange de positions. Il s’est imposé comme une séquence politique charnière, marquant le passage vers un niveau inédit de partenariat stratégique approfondi, dans un contexte international instable où l’Europe éprouve un besoin croissant de partenaires fiables, capables de contribuer à la sécurité, à la stabilité et au développement partagé.

La tenue du Conseil, après six années de gel politique, est venue acter le retour en force du dialogue de haut niveau et traduire une volonté commune de dépasser le stade du « statut avancé » pour engager une nouvelle architecture relationnelle, fondée sur l’interdépendance stratégique et la convergence des intérêts, et non plus sur une logique de partenariat traditionnel déséquilibré. Le timing, intervenu dans le prolongement immédiat du Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne, illustre l’intégration du Maroc au cœur même de la décision stratégique européenne.

La forte présence européenne, marquée par la participation de hauts responsables des institutions de l’UE et de plus de sept ministres des Affaires étrangères, ne relevait nullement du protocole. Elle constituait un message politique clair : le Maroc est désormais un partenaire central dans la nouvelle vision européenne, et un acteur clé sur les dossiers de la sécurité, de l’énergie, de la migration et de la stabilité régionale.

Ce tournant s’est concrétisé par l’engagement opérationnel vers un partenariat stratégique approfondi, à travers la mise en place d’un mécanisme politique bilatéral de pilotage de la relation, ainsi que le lancement de négociations couvrant des secteurs vitaux, notamment la sécurité, l’industrie, la transition numérique et l’investissement. Une dynamique qui reflète une prise de conscience européenne accrue du rôle du Maroc en tant que trait d’union entre l’Europe et l’Afrique, et pilier de stabilité dans l’espace méditerranéen.

Sur le plan politique, le Conseil a consolidé cette orientation en neutralisant les tentatives de perturbation de la relation bilatérale, notamment par la poursuite de la mise en œuvre de l’accord agricole révisé, intégrant les provinces du Sud du Royaume dans son champ territorial, confirmant ainsi, de manière concrète, l’unité territoriale du Maroc au sein du cadre contractuel européen.

Au cœur de cette nouvelle phase stratégique, le positionnement européen unifié sur la question du Sahara marocain s’est affirmé avec clarté, considérant l’Initiative marocaine d’autonomie comme la seule et définitive base de règlement du différend, conformément aux résolutions des Nations unies. Cet alignement ne relève plus d’un simple discours diplomatique, mais constitue désormais un socle politique structurant du partenariat futur entre Rabat et Bruxelles.

Le Conseil a également réaffirmé la centralité du Maroc dans les équilibres régionaux, tant à travers ses initiatives atlantiques que par sa contribution active à la promotion de la paix et de la sécurité, faisant du Royaume un partenaire incontournable dans la vision européenne à l’égard du voisinage sud-méditerranéen et du continent africain.

Les conclusions du Conseil traduisent ainsi un basculement vers une logique d’intérêts mutuels de long terme : l’Europe recherche la sécurité énergétique, la stabilité géopolitique et un ancrage africain fiable, tandis que le Maroc aspire à un accès renforcé au marché européen, au transfert de technologies et à la consolidation de son positionnement politique et diplomatique.

Ce partenariat, qui a démontré sa résilience face aux crises, aux tensions et aux campagnes hostiles, s’inscrit pleinement dans la vision royale ayant érigé la relation avec l’Union européenne en choix stratégique constant, fondé sur la progressivité, la clarté et l’engagement réciproque.

En ce sens, le Maroc n’est plus un acteur périphérique de son voisinage européen, mais un partenaire stratégique à part entière, architecte d’une nouvelle ère de coopération multidimensionnelle, fondée sur la sécurité partagée, le développement intégré et la convergence politique autour des questions de souveraineté, au premier rang desquelles la marocanité du Sahara.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page