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Démantèlement de réseaux de « narco-terrorisme » transnationaux grâce à une coordination sécuritaire maroco-américaine et internationale

 

 

ALDAR/ Imane Alaoui

Des données officielles publiées par le Bureau du procureur des États-Unis pour le district Est de la Virginie ont révélé le succès de deux opérations sécuritaires internationales complexes visant des réseaux criminels transnationaux impliqués dans le trafic d’armes lourdes, le trafic de stupéfiants, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Ces opérations ont bénéficié d’une contribution active du pôle sécuritaire marocain, représenté par la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) et la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), aux côtés de partenaires internationaux, notamment la Drug Enforcement Administration (DEA) américaine.

Selon ces informations, la première opération a permis de démanteler un réseau criminel international spécialisé dans le trafic illicite d’armes à caractère militaire au profit de cartels de drogue, en particulier le cartel mexicain « Jalisco Nueva Generación », considéré comme l’une des organisations criminelles les plus dangereuses au monde. Cette opération a conduit à l’arrestation d’un ressortissant kenyan au Maroc, extradé vers les États-Unis le 11 mars 2026, ainsi qu’à l’interpellation d’un trafiquant d’armes bulgare en Espagne et d’un complice tanzanien au Ghana, tandis qu’un suspect ougandais reste en fuite. Les enquêtes ont établi que ce réseau était actif depuis septembre 2022 et qu’il fournissait aux cartels des armes sophistiquées, notamment des mitrailleuses, des lance-roquettes, des grenades, des équipements de vision nocturne, des fusils de précision et des systèmes antiaériens, en recourant à de faux documents dits « certificats d’utilisateur final » afin de dissimuler la destination réelle des cargaisons. Le réseau est également parvenu à exporter un lot test de 50 fusils d’assaut de type AK-47 depuis la Bulgarie, tandis que la valeur totale des transactions potentielles est estimée à environ 53,7 millions d’euros. Des projets visant à fournir des équipements encore plus avancés, tels que des missiles sol-air, des drones et des systèmes de défense aérienne, ont également été identifiés.

Dans un contexte connexe, la seconde opération a permis de démanteler un réseau criminel dirigé par un ressortissant libanais impliqué dans des transferts de fonds liés au trafic international de drogue. Cette opération, menée en août 2024 dans le cadre d’une « livraison surveillée » en coordination avec la DEA, a abouti, le 23 mars 2026, à la condamnation par la justice américaine du libano-syrien Antoine Qassis pour conspiration liée au narco-terrorisme et fourniture de soutien matériel à une organisation terroriste étrangère, à l’issue d’un procès de cinq jours. Les investigations ont révélé que l’intéressé supervisait des réseaux de trafic de cocaïne et d’armes depuis la Syrie et le Liban, exploitant ses connexions au sein de l’ancien régime syrien, notamment avec de hauts responsables militaires. Il aurait également conclu des accords avec l’« Ejército de Liberación Nacional » (ELN) colombien, classé organisation terroriste, pour échanger des armes contre des centaines de kilogrammes de cocaïne. Les éléments de preuve indiquent qu’il projetait d’importer une cargaison maritime de 500 kilogrammes de cocaïne via le port de Lattaquié, en vue de sa distribution au Moyen-Orient, tandis que ses complices géraient les opérations de blanchiment d’argent. Près de 100 millions de dollars auraient ainsi été transférés en moins de 18 mois au profit de réseaux criminels, dont le cartel de Sinaloa et le mouvement Hamas.

Les autorités américaines ont souligné que le succès de ces deux opérations reflète un haut niveau de coordination sécuritaire entre plusieurs pays, notamment le Maroc, l’Espagne, le Ghana, le Kenya, la Colombie et le Mexique. Elles ont mis en avant le rôle central des services de sécurité marocains, tant dans l’exécution des arrestations sur le territoire national que dans l’échange de renseignements et la contribution aux procédures d’extradition internationale. Ce partenariat renforce la position du Royaume en tant qu’acteur fiable dans la lutte contre la criminalité organisée et le terrorisme à l’échelle internationale.

Les accusés dans ces affaires encourent de lourdes peines pouvant aller jusqu’à la réclusion à perpétuité, avec des peines minimales de 10 à 20 ans selon la nature des charges, dans le cadre de l’initiative américaine « Take Back America », visant à démanteler les réseaux criminels transnationaux et à lutter contre les cartels et organisations terroristes à l’échelle mondiale.

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