
La ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a mis en exergue, jeudi à New Delhi, la vision globale, cohérente et structurée du Maroc en matière d’intelligence artificielle (IA), fondée sur la souveraineté technologique, l’innovation, l’impact socio-économique et la coopération Sud-Sud, conformément aux Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
Intervenant lors d’une table ronde ministérielle de haut niveau dans le cadre du sommet mondial sur l’IA, présidée par le Premier ministre indien Narendra Modi, Mme El Fallah Seghrouchni a souligné que l’IA constitue une opportunité majeure pour améliorer les systèmes de santé, d’éducation, de gestion des ressources et de services publics, mettant en garde contre les risques d’inégalités accrues, de dépendance technologique et de perte de souveraineté numérique.
Dans ce contexte, elle a affirmé que le Maroc considère l’IA comme un choix stratégique de long terme, s’inscrivant dans la vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui souligne que l’investissement dans les énergies renouvelables, l’IA et les nouvelles technologies constitue un levier essentiel pour stimuler le développement, réussir la transition vers des modèles économiques durables et accompagner les mutations globales.
La ministre a ainsi présenté l’initiative “AI Made in Morocco”, véritable feuille de route du Royaume en matière d’IA, visant à positionner le Maroc en tant que producteur de solutions technologiques souveraines, tout en conciliant innovation, compétitivité et impact au service du développement.
Elle a précisé que cette approche repose sur trois piliers complémentaires. Le premier porte sur la souveraineté et la confiance, à travers la mise en place d’un cadre national pour une IA responsable, une gouvernance sécurisée des données et des infrastructures souveraines de cloud et de calcul.
“L’objectif est de garantir que l’IA serve l’intérêt général, tout en protégeant les droits, la sécurité et la souveraineté des données”, a-t-elle dit, faisant observer que ces efforts ont permis au Maroc de progresser significativement dans le Government AI Readiness Index 2025, gagnant 14 places pour se hisser au 87e rang mondial.
Le deuxième pilier concerne l’innovation et la compétitivité, avec le développement de communs numériques, le renforcement des capacités nationales en recherche et développement, ainsi que la mise en place de solutions technologiques adaptées aux besoins économiques et sociaux du Royaume, a ajouté la ministre.
Le troisième pilier met l’accent, quant à lui, sur l’impact et l’adoption, en visant le déploiement de solutions concrètes et mesurables dans des secteurs clés, notamment la santé, l’éducation, l’agriculture, l’énergie et les services publics.
La ministre a, en outre, insisté sur le rôle déterminant du capital humain, mettant en avant les efforts du Royaume en matière de formation, de montée en compétences et de recherche scientifique, avec des programmes couvrant l’ensemble de la chaîne des talents, de l’initiation des jeunes aux formations avancées.
Ainsi, en formation initiale, plus de 500 programmes digitaux ont été accrédités, avec 22.649 étudiants déjà inscrits dans des domaines stratégiques tels que l’IA, la data science, la cybersécurité, le cloud et l’ingénierie logicielle, a fait savoir Mme El fallah Seghrouchni, notant que l’objectif est d’atteindre 22.500 diplômés par an à l’horizon 2027, contre 8.000 actuellement.
En matière d’upskilling et de reskilling, Mme El fallah Seghrouchni a mis en avant le programme “JobInTech”, qui ambitionne de former 14.000 apprenants sur trois ans, avec déjà 2.664 personnes en formation dans l’ensemble des régions du Royaume.
S’agissant de la recherche et de l’excellence académique, elle a indiqué que plus de 550 bourses de doctorat seront financées d’ici 2027 dans des domaines clés, notamment l’IA, la data, le cloud et la cybersécurité.
Par ailleurs, la ministre a souligné que l’action du Maroc en matière d’IA s’inscrit dans une vision ouverte et inclusive, où toutes les civilisations doivent être représentées, conformément aux Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, mettant en avant l’importance stratégique de la coopération Sud-Sud.
Dans ce cadre, elle a mis en exergue l’initiative “Digital for Sustainable Development” (D4SD), développée avec le Programme des Nations Unies pour le développement, qui positionne le Maroc comme hub régional de l’IA et de la data science et comme pont entre le monde arabe et l’Afrique.
Elle a également rappelé l’engagement actif du Royaume au sein de la Digital Cooperation Organization, en faveur d’une transformation numérique inclusive et opérationnelle.
Mme El fallah Seghrouchni a, en outre, affirmé que le Maroc ambitionne de développer des solutions d’IA à fort impact, testées dans des conditions réelles puis déployées à l’échelle régionale, notamment dans des secteurs clés tels que l’eau, la santé, l’éducation, l’agriculture et la modernisation de l’administration publique.
Et de souligner qu’”L’IA ne doit pas devenir une frontière invisible entre ceux qui ont le calcul, les données et les talents, et ceux qui ne les ont pas. Notre responsabilité est d’éviter une IA “à deux vitesses” et de garantir le partage des bénéfices, y compris entre territoires et au profit des populations vulnérables”.
“Le Maroc est prêt à contribuer à cet élan collectif, non pas comme simple utilisateur de la technologie, mais comme acteur, producteur et partenaire d’une IA fiable, utile et inclusive”, a-t-elle conclu.
Organisé sous le thème “Bien-être pour tous, Bonheur pour tous”, l’”IA impact summit” se veut une plateforme internationale de réflexion et d’échange sur l’avenir de l’IA et les enjeux liés à sa gouvernance, avec l’ambition affirmée d’intégrer davantage les priorités et les préoccupations des pays du Sud global.
Le sommet connaît la participation de plus de 100 représentants gouvernementaux, dont plus de 20 chefs d’État et de gouvernement, ainsi que quelque 60 ministres et vice-ministres, en plus du Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, de 500 leaders mondiaux de l’IA, d’universitaires et de chercheurs.




