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De Doha à Monterrey, le Maroc confirme son entrée dans le cercle des grandes nations du football

Par Meriem Hafiani

En atteignant les demi-finales de la Coupe du monde 2022 au Qatar, le Maroc avait bouleversé la hiérarchie du football mondial. Beaucoup y voyaient alors un exploit exceptionnel, presque irrépétable, porté par une génération hors norme et des circonstances favorables. Quatre ans plus tard, le parcours des Lions de l’Atlas au Mondial 2026 balaie cette lecture. Ce qui semblait être une parenthèse est désormais une trajectoire. Le Maroc n’est plus l’invité surprise des grandes compétitions : il s’affirme comme une puissance installée.

La qualification acquise face aux Pays-Bas, au terme d’une séance de tirs au but remportée (3-2) après un match nul (1-1), dépasse largement le simple cadre d’un billet pour les huitièmes de finale. Elle symbolise l’évolution profonde d’une sélection qui ne se contente plus de rivaliser avec les grandes nations européennes, mais qui les élimine avec autorité lorsque les enjeux sont les plus élevés.

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Face à l’une des sélections les plus prestigieuses du continent, triple finaliste de la Coupe du monde, les Marocains n’ont jamais donné le sentiment de subir l’événement. Ils ont abordé cette rencontre avec la sérénité d’une équipe consciente de ses qualités, imposant leur rythme durant de longues séquences et affichant une remarquable maîtrise tactique. Organisation défensive, transitions rapides, discipline collective et gestion émotionnelle : tous les ingrédients d’une équipe arrivée à maturité étaient réunis.

La prestation de Yassine Bounou lors de la séance des tirs au but s’inscrit dans cette continuité. Le gardien marocain a une nouvelle fois répondu présent dans un moment décisif, illustrant la capacité de cette génération à transformer les instants de plus forte pression en démonstration de caractère. Depuis Doha, les Lions de l’Atlas ont acquis une culture de la gagne qui se reflète désormais dans chacune de leurs grandes affiches.

La presse internationale n’a d’ailleurs pas analysé cette victoire comme une surprise. Elle y voit plutôt la confirmation d’un nouvel équilibre des forces. Reuters souligne que le Maroc s’est montré le plus convaincant dans le jeu et la création d’occasions, tout en relayant les propos du sélectionneur Mohammed Ouahbi, selon lesquels les grandes nations abordent désormais les confrontations face au Maroc avec un respect inédit, conscientes qu’elles peuvent être éliminées.

Le quotidien britannique The Guardian estime également que les Lions de l’Atlas ont imposé leur rythme à une sélection néerlandaise en difficulté, tandis que Ronald Koeman a été vivement critiqué pour des choix tactiques jugés trop prudents face à un adversaire qui n’a plus pour seule ambition de résister, mais bien de dominer.

Aux Pays-Bas, les commentaires de la presse traduisent une même réalité : l’élimination est douloureuse, mais elle apparaît logique au regard de la prestation marocaine. Les analyses saluent la discipline, la qualité de l’organisation et la force mentale d’une équipe désormais considérée comme l’une des plus redoutables des grandes compétitions internationales.

Cette progression n’est pas le fruit du hasard. Elle est l’aboutissement d’un travail de fond engagé depuis plusieurs années : investissements dans les infrastructures, modernisation de la formation, développement des centres techniques, stabilité institutionnelle et vision à long terme. Là où certaines sélections n’ont jamais réussi à prolonger un exploit isolé, le Maroc démontre qu’il s’appuie désormais sur un véritable modèle de développement sportif.

L’évolution est également culturelle. Longtemps, atteindre les phases à élimination directe représentait déjà un accomplissement. Aujourd’hui, l’objectif est tout autre : battre les meilleures équipes du monde et viser les derniers tours sans complexe. Cette confiance nouvelle constitue sans doute la plus grande victoire du football marocain. Elle a changé le regard que les joueurs portent sur eux-mêmes avant de transformer celui de leurs adversaires.

Le rendez-vous face au Canada en huitièmes de finale s’inscrit ainsi dans une dynamique nouvelle. Le Maroc abordera cette rencontre porté par la confiance de tout un peuple et par le respect d’un football mondial qui ne considère plus les Lions de l’Atlas comme une surprise. Ce qui avait commencé à Doha n’était pas un miracle, mais le point de départ d’une ambition durable. À Monterrey, le Maroc continue simplement d’écrire l’un des chapitres les plus ambitieux de son histoire footballistique.

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