La 5e édition du Cycle de formation des observateurs électoraux de l’Union africaine (UA) s’est ouverte, lundi à Rabat, sous la coprésidence du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, M. Nasser Bourita, et du Commissaire de l’UA aux Affaires Politiques, de la Paix et de la Sécurité, M. Bankolé Adeoye, en présence notamment du corps diplomatique africain.

Ce programme phare, reconnu à l’échelle africaine, marque une étape historique en célébrant une demi-décennie de partenariat stratégique entre le Maroc et le Département des Affaires Politiques, de la Paix et de la Sécurité (D-PAPS) de l’UA.
Lancée conjointement en 2022, cette initiative s’est imposée comme levier de référence pour le renforcement des capacités électorales et la promotion d’une gouvernance transparente sur le continent.
Ce cycle, qui se poursuivra jusqu’au 25 avril, illustre l’engagement constant du Royaume, conformément à la Vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, pour une Afrique stable et démocratique, et ce, en consolidant les bases d’un dialogue politique inclusif et pacifique.
Fidèle à une approche novatrice, le programme franchit cette année un cap inédit en matière d’inclusion avec une forte participation des femmes et des jeunes. Cette avancée assure que l’observation électorale africaine soit le reflet fidèle de la diversité des sociétés africaines. Le cycle de formation, cette année, intègre un module novateur de sensibilisation aux « deepfakes », axé sur les élections numériques, l’intégrité et la formation des observateurs à repérer la désinformation ou les documents « deepfake » générés par l’IA concernant les candidats, susceptibles d’être diffusés le jour du scrutin pour influencer les électeurs.
Cette 5e édition rassemble près de 90 participants issus de 53 pays membres de l’UA, incluant des délégations du Mali, du Niger, du Burkina Faso, de la Guinée-Bissau, du Soudan et du Madagascar.
Ce succès opérationnel a été salué par le Président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, dans son rapport de juillet 2025, soulignant l’apport du Maroc à la gouvernance démocratique africaine. Cette reconnaissance panafricaine a été par ailleurs entérinée par le Conseil de Paix et de Sécurité, qui lors de sa 1288e réunion, a formellement adopté un communiqué se félicitant de l’appui stratégique du Maroc au renforcement des capacités des observateurs électoraux de l’UA.
Dans un contexte de transformation numérique accélérée du continent, de nouveaux défis complexes émergent pour l’intégrité des scrutins. Afin de préparer les observateurs à ces réalités, cette édition prévoit l’introduction d’un nouveau module dédié à l’intégrité numérique des processus électoraux. Ce volet vise à doter les experts d’outils de pointe pour détecter et contrer les menaces hybrides ainsi qu’à comprendre l’impact des contenus médiatiques manipulés, des campagnes de désinformation massives générées par l’IA ou des tentatives de cyber-influence visant à détourner le choix des votants.
Le cycle est également enrichi par la tenue parallèle, à Rabat, du 3e séminaire de dialogue, organisé par le Policy Center for the New South et l’Union Africaine, sous le thème « La numérisation de la démocratie : stratégies d’Intelligence artificielle portées par la jeunesse dans un monde en mutation ».
En partageant son expertise technique et son expérience, le Maroc réaffirme son rôle de partenaire crédible pour la formation d’une nouvelle génération d’acteurs électoraux africains de haut niveau.
À ce jour, environ 95% des observateurs électoraux formés à Rabat ont été déployés lors des missions d’observation électorale conduites par l’UA, contribuant à la crédibilité et à la transparence des scrutins.



