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Maroc-Sénégal : une alliance historique se renouvelle au rythme des nouveaux défis de l’Afrique

ALDAR/

Les relations maroco-sénégalaises ne se limitent plus à un simple partenariat bilatéral traditionnel. Nourries par plusieurs décennies de confiance et de concertation politique, elles se sont progressivement transformées en un modèle africain avancé de partenariat fondé sur la continuité, la convergence et une vision partagée sur plusieurs questions stratégiques qui préoccupent le continent.

Cette réalité s’est clairement illustrée lors des entretiens tenus ce samedi à Luanda entre le ministre marocain des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, et le ministre sénégalais de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Cheikh Niang, en marge de la 26e session extraordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine.

Le principal message ressortant de cette rencontre est que Rabat et Dakar entendent donner un nouvel élan à leurs relations, non seulement sur le plan bilatéral, mais également en élargissant leur coordination autour des dossiers africains et régionaux prioritaires.

Le ministre sénégalais s’est montré particulièrement clair dans sa description de la nature de cette relation, la qualifiant de « solide » et soulignant qu’elle évolue en harmonie avec les aspirations des dirigeants des deux pays. Il a également mis en avant le fait que la coopération entre le Maroc et le Sénégal avait atteint un niveau « excellent », tandis que les liens entre les deux peuples demeurent profondément enracinés et continus.

Plus significatif encore, Cheikh Niang a qualifié les relations maroco-sénégalaises d’« uniques » à l’échelle africaine, affirmant l’existence d’une volonté commune de poursuivre leur consolidation et de les porter vers « des horizons plus larges », tout en soulignant l’absence de divergences sur les questions examinées.

Ces déclarations ne traduisent pas uniquement le degré de convergence politique entre Rabat et Dakar. Elles témoignent également de la transformation du partenariat maroco-sénégalais en un véritable capital diplomatique et stratégique pour le Maroc au sein du continent, à un moment où l’Afrique a plus que jamais besoin de partenariats fondés sur la confiance, la stabilité et la capacité à construire des consensus.

De son côté, Nasser Bourita a inscrit cette dynamique dans un cadre politique plus large, soulignant que les relations maroco-sénégalaises reposent sur une tradition solidement établie de concertation permanente autour des différentes questions bilatérales, régionales et continentales, ainsi que sur des orientations claires de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et du Président sénégalais, visant à maintenir un agenda bilatéral « toujours riche et dynamique ».

L’un des éléments les plus révélateurs de la place accordée à cette relation dans la vision marocaine réside sans doute dans l’affirmation de Nasser Bourita selon laquelle « tout ce que nous pouvons faire sera toujours en deçà de ce que mérite cette relation bilatérale unique », insistant sur le fait qu’« il n’y a aucun autre pays en Afrique avec lequel le Maroc entretient une relation comparable à celle bâtie avec le Sénégal au fil des décennies ».

Cette position est lourde de significations. Le Maroc ne considère pas sa relation avec le Sénégal comme une simple relation diplomatique stable, mais comme l’un des piliers de sa vision de la coopération Sud-Sud. Une vision qui a fait des partenariats africains un levier essentiel de promotion du développement et de la stabilité, ainsi que de construction d’un espace africain davantage intégré et interconnecté.

Dans ce contexte, les deux parties ont examiné la feuille de route des relations bilatérales et les moyens de la mettre en œuvre, tout en œuvrant à redynamiser les différents mécanismes de coopération existant entre les deux pays. Une démarche qui ouvre la voie à une nouvelle étape, plus dynamique, susceptible de traduire le rapprochement politique en initiatives et projets concrets.

Toutefois, la dimension la plus importante des entretiens dépasse largement le cadre bilatéral. Les questions liées au Sahel et à l’espace atlantique africain, ainsi que les dossiers régionaux et multilatéraux concernant le continent, ont constitué un axe majeur de la coordination entre Rabat et Dakar.

C’est précisément là que réside la portée géopolitique du partenariat maroco-sénégalais. À travers ses relations étroites avec plusieurs pays africains, dont le Sénégal, le Maroc entend promouvoir une approche continentale fondée sur la coopération plutôt que sur les tensions, et sur le développement et la stabilité comme principales portes d’entrée pour relever les défis sécuritaires et économiques auxquels l’Afrique est confrontée.

La convergence entre Rabat et Dakar autour de l’espace atlantique revêt également une importance croissante, alors que l’Afrique atlantique s’affirme comme un nouvel espace stratégique où se croisent les enjeux de sécurité, d’énergie, de commerce, d’investissement et de connectivité continentale.

Ainsi, la coordination maroco-sénégalaise ne se limite pas à la gestion des dossiers du moment. Elle s’inscrit dans une vision plus large de l’avenir de l’Afrique, dans laquelle les pays riverains de l’Atlantique sont appelés à jouer un rôle accru dans la définition de l’agenda continental, le renforcement de l’ouverture du continent sur ses partenaires internationaux, ainsi que le développement des chaînes de valeur et de l’intégration économique.

Cette dynamique met finalement en lumière une réalité fondamentale : la force du Maroc en Afrique ne se construit pas uniquement à travers les initiatives économiques et les investissements, mais également à travers un réseau de partenariats politiques fondés sur la confiance, le respect mutuel et la continuité.

Dans ce paysage, le Sénégal apparaît comme un partenaire stratégique pour le Maroc, non seulement en raison de la profondeur des liens historiques entre les deux pays, mais aussi du fait de leur convergence de vues sur plusieurs grands dossiers africains.

Dès lors, la prochaine étape des relations maroco-sénégalaises devrait être marquée par un nouvel élan, avec une évolution progressive d’un capital historique exceptionnel vers la construction d’un nouvel agenda stratégique, faisant de Rabat et Dakar des partenaires davantage présents et influents dans la définition de l’avenir de la coopération africaine.

En somme, il s’agit d’un partenariat qui ne repose pas sur des calculs conjoncturels, mais sur un capital de confiance accumulé au fil des décennies et sur une volonté politique capable de transformer ce capital en influence diplomatique, en développement partagé et en une coordination africaine plus efficace.

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