Le Maroc relève ses exigences dans le dossier de la pêche maritime : priorité à la richesse nationale et à la souveraineté maritime

ALDAR/ Iman Alaoui
Alors que l’Union européenne est attendue sur sa position concernant l’avenir de la coopération dans le domaine de la pêche maritime, le Maroc semble s’orienter vers une redéfinition de son approche de ce dossier, en passant d’une logique de compensation en contrepartie de l’exploitation des ressources halieutiques à une vision plaçant l’intérêt national et la valeur ajoutée locale au cœur des priorités.
Selon les éléments qui circulent, Rabat ne considère plus les ressources halieutiques comme une richesse pouvant être mise à disposition dans le cadre d’accords reposant essentiellement sur des compensations financières. Elles sont désormais perçues comme un actif stratégique dont l’exploitation doit bénéficier directement à l’économie nationale.
Dans ce contexte, la priorité est accordée au développement de la flotte maritime nationale et au renforcement des capacités du Maroc dans les domaines de la pêche, de l’industrie et de la transformation des produits de la mer. L’objectif est d’accroître la valeur ajoutée générée au niveau national et de créer davantage d’emplois.
La question de la souveraineté maritime occupe également une place centrale dans cette nouvelle approche, dans un contexte marqué par la volonté de renforcer le contrôle national des ressources et de les valoriser au service des intérêts économiques et stratégiques du Royaume.
Cette évolution traduit la volonté du Maroc de passer à un modèle plus équilibré de gestion des ressources halieutiques, fondé sur une valorisation maximale du patrimoine national, plutôt que sur les seules retombées financières directes liées à l’autorisation de son exploitation.
Pour Rabat, toute future coopération dans ce domaine semble ainsi devoir être évaluée à l’aune de sa capacité à générer une véritable valeur ajoutée pour l’économie marocaine, à soutenir les filières nationales liées à la pêche maritime et à favoriser l’emploi, tout en préservant les intérêts et la souveraineté du Royaume.
Le Maroc envoie ainsi un message clair : ses ressources maritimes ne constituent pas une simple monnaie d’échange dans les négociations, mais un patrimoine économique et stratégique dont la valorisation doit prioritairement servir l’intérêt national, selon des conditions plaçant le Maroc et ses intérêts au cœur de l’équation.




