
ALDAR/ Iman Alaoui
Union européenne a récemment publié une carte du Royaume du Maroc dans son intégralité, s’étendant de Tanger, au nord, jusqu’à Lagouira, à l’extrême sud. Un geste que de nombreux observateurs considèrent comme une consécration pratique du réalisme de la position marocaine sur la question du Sahara et comme un signal révélateur de l’évolution progressive de la posture européenne sur ce dossier sensible.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique diplomatique clairement favorable à Rabat, portée par le renforcement continu du soutien international à l’initiative marocaine d’autonomie présentée en 2007. Ce plan est aujourd’hui qualifié par plusieurs capitales européennes de solution la plus sérieuse, la plus crédible et la plus réaliste pour parvenir à un règlement durable de ce différend régional artificiel. Si l’Union européenne, en tant qu’institution, réaffirme officiellement son attachement au processus onusien, les faits sur le terrain traduisent une convergence croissante avec la vision défendue par le Royaume.
L’intégration des provinces du Sud dans une carte unifiée du Maroc diffusée dans un cadre européen dépasse largement le simple aspect technique. Dans le langage diplomatique, les cartes ne sont pas de simples outils géographiques, mais des supports de représentation politique et de lecture de la souveraineté. Présenter le Royaume dans ses frontières complètes correspond à la réalité des partenariats économiques et des accords conclus avec l’Union européenne, lesquels englobent les provinces du Sud, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de la pêche maritime et de l’investissement.
Ce développement ne saurait non plus être dissocié des mutations profondes du contexte international depuis la reconnaissance, par les États-Unis, de la souveraineté du Maroc sur son Sahara, sous la présidence de Donald Trump. Cette décision a profondément rebattu les cartes du dossier à l’échelle géopolitique et incité plusieurs pays européens à reconsidérer leurs approches traditionnelles.
De son côté, le Maroc a mis en œuvre, ces dernières années, une diplomatie à la fois sereine et déterminée, fondée sur la diversification de ses partenariats, le renforcement de son ancrage africain et la consolidation de son rôle de partenaire fiable de l’Europe dans des dossiers stratégiques tels que la migration, la sécurité énergétique et la lutte contre le terrorisme. Un positionnement qui rend de plus en plus difficile l’ignorance de son poids géostratégique par les acteurs européens.
Ainsi, la publication d’une carte complète du Maroc dans un espace institutionnel européen reflète, dans son essence, une adéquation croissante entre les réalités politiques et économiques et leur traduction institutionnelle. Elle constitue un indicateur supplémentaire montrant que l’approche marocaine n’est plus perçue comme une option parmi d’autres, mais comme une référence centrale dans le débat international sur l’avenir du Sahara.
Le Royaume poursuit de la sorte la consolidation de ses acquis avec constance et une vision stratégique de long terme, confirmant que le temps diplomatique joue désormais en sa faveur et que la bataille de la légitimité et de la reconnaissance se gagne progressivement par les faits, bien plus que par les discours.




