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Tétouan : inauguration d’un musée dédié à la mémoire artistique d’Abdessadek Cheqara

Le musée Abdessadek Cheqara a été inauguré, samedi, dans l’enceinte de l’école Al Fadila Al Hourra à Tétouan, avec pour objectif de préserver et de mettre en valeur le patrimoine artistique et l’héritage musical de cette icône du tarab andalou dans le nord du Royaume.

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La création de cet espace culturel, inauguré en présence du gouverneur de la province de Tétouan, Abderzak El Manssouri, des membres de l’Association Abdessadek Cheqara pour la préservation du patrimoine, ainsi que de plusieurs chercheurs et passionnés du patrimoine andalou, s’inscrit dans le cadre de la 7e édition du Festival Abdessadek Cheqara, organisée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, sous le thème « Cheqara, icône du patrimoine ».

Le musée abrite les effets personnels de l’artiste Abdessadek Cheqara et retrace son parcours artistique ainsi que son rayonnement à l’international. Il propose également aux visiteurs une collection de photographies, de documents et d’instruments de musique ayant appartenu à cet artiste singulier, tout en mettant à la disposition des chercheurs, des mélomanes et des passionnés son riche fonds sonore.

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Dans une déclaration à la MAP, le chercheur en patrimoine musical à Tétouan, Mohamed El Habib El Kharraz, a souligné que le défunt artiste Abdessadek Cheqara avait consacré sa vie au service de la chanson andalouse et de la musique populaire du Nord, notamment l’art du Zandani, contribuant ainsi au rayonnement du patrimoine musical tétouanais et à sa promotion aux niveaux national et international.

Il a relevé que ce musée, dédié à la mémoire artistique de feu Abdessadek Cheqara, est le premier du genre à Tétouan, en ce qu’il constitue un espace permettant de retracer son parcours artistique et ses contributions à différentes manifestations musicales, patrimoniales, scientifiques et littéraires.

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Selon le chercheur, le musée revient également sur les tournées artistiques effectuées à l’étranger par le défunt, qui ont constitué une occasion de faire connaître la musique andalouse tétouanaise et de mettre en avant sa place en tant que l’une des grandes écoles musicales traditionnelles du Maroc. Il a, à cet égard, souligné le rôle majeur joué par l’artiste dans la revitalisation, la promotion et le développement de la musique andalouse.

M. El Kharraz a également insisté sur le fait que ce musée ne se limite pas à retracer le parcours créatif de l’artiste, mais constitue aussi une mémoire artistique et historique documentant l’histoire de l’orchestre de l’Institut musical de Tétouan, fondé en 1958 sous la direction du grand artiste Mohamed Larbi Temsamani.

Cette initiative représente ainsi une étape importante dans la préservation de la mémoire musicale locale, à travers la documentation du patrimoine artistique d’Abdessadek Cheqara et des membres de l’orchestre de l’Institut musical de Tétouan, grâce à des photographies, des documents et des souvenirs témoignant d’une période marquante de l’histoire de la création musicale dans la ville.

De son côté, le directeur de l’Institut national des beaux-arts de Tétouan, Mehdi Zouak, a estimé que la création d’un musée consacré à la mémoire artistique de feu Abdessadek Cheqara constitue une initiative singulière visant à réhabiliter l’un des grands noms de la musique marocaine, notamment de la musique populaire du Nord et de Tétouan.

Il a souligné que cette initiative offre l’occasion de rendre hommage à l’école tétouanaise de musique andalouse, à travers le parcours artistique et créatif du défunt, considéré comme l’un des principaux rénovateurs de la musique patrimoniale et l’un des artistes ayant contribué à préserver la musique andalouse authentique et à la transmettre aux générations successives.

M. Zouak a également indiqué que la contribution d’Abdessadek Cheqara ne s’était pas limitée à la préservation du patrimoine musical andalou, mais s’était étendue à la recherche et à l’innovation dans le domaine de la musique populaire, notamment à travers le métissage des rythmes du Nord, en particulier du Zandani, avec la musique flamenco andalouse ; une expérience artistique singulière, selon lui, qui compte parmi les démarches novatrices les plus remarquables dans le domaine de la musique populaire.

L’expérience artistique du défunt s’est également ouverte à la musique classique, grâce à sa collaboration avec le grand compositeur britannique Michael Nyman, ainsi qu’à la musique de montagne, illustrant la richesse et la diversité de ses influences et sa contribution à l’enrichissement du paysage musical marocain.

À noter que la 7e édition du Festival, qui a débuté jeudi, propose un programme riche et varié. Outre l’inauguration du musée Abdessadek Cheqara, le festival a lancé ses activités par une vaste campagne de sensibilisation destinée aux jeunes de la ville, dans le cadre du Programme des Écoles de la Deuxième Chance – Nouvelle Génération (E2C-NG), visant à lutter contre le décrochage scolaire et à encourager les jeunes à poursuivre leur parcours scolaire et professionnel.

Cette édition prévoit également l’organisation de la soirée annuelle commémorative en hommage à Abdessadek Cheqara, dans l’enceinte de la zaouïa Sidi Belfkih à Tétouan.

Le festival prendra fin dimanche par une grande soirée artistique au Théâtre « Español », au cours de laquelle seront présentés des tableaux musicaux puisés dans les grands classiques du patrimoine tétouanais authentique, ainsi que des poèmes du Zandani, genre emblématique de la ville.

La soirée sera animée par l’orchestre Mohamed Larbi Temsamani, dirigé par l’artiste Mohamed Amine El Akrami, l’orchestre féminin tétouanais, sous la direction de l’artiste Latifa Haddad, ainsi que par le groupe du patrimoine musical de montagne.

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