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Fin de la MINURSO et soutien majoritaire au plan d’autonomie : le Conseil de sécurité face à une nouvelle étape dans la gestion du dossier du Sahara marocain

ALDAR / Iman Alaoui

Le vote intervenu au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, le 30 octobre 2026, a marqué un nouveau tournant dans le dossier du Sahara marocain. Les résultats de cette séance ont fait apparaître un large soutien, au sein du Conseil, à l’approche consistant à faire de l’initiative marocaine d’autonomie, sous souveraineté nationale du Royaume, le fondement exclusif des négociations visant à parvenir à une solution politique définitive au différend régional.

Bien que le projet de résolution présenté par les États-Unis n’ait pas été adopté en raison de l’exercice par la Russie de son droit de veto, le scrutin a révélé un fait diplomatique notable : onze membres sur les quinze que compte le Conseil ont voté en faveur du texte américain, trois se sont abstenus et la Russie a voté contre. Cette répartition illustre l’ampleur du soutien dont bénéficie désormais, au sein de l’instance onusienne chargée du maintien de la paix et de la sécurité internationales, l’approche favorable à l’initiative marocaine.

L’importance de cette évolution réside dans le fait que le projet de résolution ne se limitait pas à relancer le débat sur la gestion du conflit. Il avançait de nouvelles perspectives concernant la nature du règlement politique et les mécanismes onusiens qui lui sont associés. Parmi les principales propositions figuraient la consécration de l’initiative marocaine d’autonomie, sous souveraineté du Royaume, comme référence fondamentale et exclusive des négociations, ainsi que des mesures relatives au changement de nom de la Mission des Nations unies au Sahara, la MINURSO, et à la révision de son mandat. Le texte prévoyait également d’encourager la recherche d’une solution durable à la situation des réfugiés dans les camps de Tindouf.

Cette évolution s’inscrit dans le prolongement des développements diplomatiques enregistrés depuis l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité. Elle traduit le passage progressif du débat international d’une approche considérant l’initiative marocaine comme l’une des options envisageables à une démarche qui la place au cœur de la recherche d’un règlement politique réaliste et réalisable, dans le cadre de la souveraineté marocaine.

Le soutien exprimé par onze membres du Conseil de sécurité revêt une importance particulière, dans la mesure où il représente une large majorité de cette instance onusienne, même si le veto russe a empêché la transformation de cet appui en une résolution adoptée. L’absence d’adoption du texte n’efface ni la portée politique du scrutin ni les évolutions qu’il révèle dans les positions des États membres concernant la nature du règlement envisageable.

Dans le même temps, ces développements placent l’Algérie et le Front Polisario face à une nouvelle réalité diplomatique, qui appelle à prendre en considération les mutations du débat au sein du Conseil de sécurité. Le maintien de positions traditionnelles ne correspond pas nécessairement à l’orientation de plus en plus marquée en faveur d’une solution politique réaliste, fondée sur des propositions susceptibles d’être négociées et mises en œuvre, et permettant de mettre fin à une situation de blocage qui perdure depuis plusieurs décennies.

L’un des principaux dossiers remis au centre du débat par le projet américain concerne l’avenir de la MINURSO, créée en 1991 dans un contexte politique et sur le terrain profondément différent de celui d’aujourd’hui. La proposition prévoyait notamment de rebaptiser la mission « MINUSO », en supprimant toute référence au référendum dans son appellation, tout en révisant ses attributions et en réduisant sa composante militaire afin de les adapter aux transformations qu’a connues le dossier au cours des dernières années.

Les appels à une révision du rôle de la mission s’appuient notamment sur les difficultés persistantes rencontrées dans l’accomplissement de sa mission initiale, qui consistait à organiser un référendum d’autodétermination. Les désaccords prolongés concernant les modalités de sa mise en œuvre et la détermination du corps électoral ont empêché sa concrétisation. À cela s’ajoute l’effondrement du cessez-le-feu en 2020, suivi de changements dans la situation sur le terrain. Autant d’éléments qui ont remis en question l’adéquation du cadre onusien traditionnel avec les exigences de la phase actuelle.

Le projet américain comportait également une dimension humanitaire importante, en soulignant la nécessité de parvenir à une solution durable à la situation des réfugiés dans les camps de Tindouf. L’objectif est de mettre un terme à une longue période d’attente et de souffrances, tout en ouvrant la voie à une approche politique et humanitaire globale du conflit, plutôt que de laisser perdurer une situation sans perspective clairement définie.

Dans ce contexte, le bilan de la séance du 30 octobre ne saurait être réduit à la non-adoption du projet américain, car sa portée dépasse largement le résultat procédural du vote. Le fait que l’approche américaine, favorable à faire de l’autonomie sous souveraineté marocaine le fondement exclusif des négociations, ait recueilli onze voix, contre une voix russe opposée et trois abstentions, met en évidence une configuration des positions au sein du Conseil de sécurité qui mérite une analyse approfondie, notamment à la lumière de la dynamique engagée par la résolution 2797.

Si le veto russe a empêché l’adoption du projet, le scrutin a néanmoins mis en évidence l’élargissement du cercle des soutiens internationaux à la proposition marocaine. Il a également montré que le dossier du Sahara marocain entre dans une nouvelle phase, où la nature du règlement politique et l’avenir du dispositif onusien occupent désormais une place centrale dans les discussions, au-delà de la simple reconduction automatique du mandat de la MINURSO.

Ainsi, le rendez-vous du 30 octobre 2026 ouvre une nouvelle séquence dans les discussions diplomatiques autour du différend et soulève des questions fondamentales sur la capacité des mécanismes onusiens traditionnels à s’adapter aux mutations politiques et à la réalité du terrain. Une évolution qui intervient alors que l’initiative marocaine d’autonomie s’impose au premier plan des discussions comme la proposition bénéficiant d’un large soutien au sein du Conseil de sécurité.

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