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La Chine s’emploie à développer de nouvelles infrastructures pour accompagner l’essor de l’intelligence artificielle, en accélérant la mise en place de ce que l’on appelle les « usines à tokens ». Ces installations spécialisées visent à fournir les unités de traitement nécessaires au fonctionnement des modèles d’intelligence artificielle, dans le cadre d’une stratégie destinée à bâtir un système économique adapté aux exigences de cette technologie en pleine expansion.

Les tokens, ou unités de traitement du texte et des données utilisées par les modèles d’intelligence artificielle, sont mobilisés pour accomplir différentes tâches, notamment la programmation informatique, la génération d’images et la création de vidéos.
En mars dernier, la Chine a adopté le terme chinois « ziyuan » comme appellation officielle des tokens. Cette initiative vise à uniformiser les méthodes de mesure, de suivi et de facturation de la consommation des services d’intelligence artificielle, sur le modèle du kilowattheure utilisé pour mesurer la consommation électrique.
Le principe de ces usines repose sur la fourniture de services d’intelligence artificielle intégrés, grâce à la combinaison de l’électricité, des puces électroniques, des données et des modèles d’IA pour produire des tokens. Ce dispositif permet aux utilisateurs d’accéder à des capacités de traitement sans avoir à disposer de leur propre infrastructure technique, ni à déployer les modèles ou à optimiser eux-mêmes les opérations d’inférence. Ils ne paient ainsi que les tokens effectivement consommés.
Cette approche se distingue du modèle traditionnel des centres de données, qui consiste principalement à mettre des ressources informatiques à la disposition des clients, moyennant location. Les usines à tokens ambitionnent, quant à elles, de proposer des services plus intégrés, axés sur la production de ces unités et leur mise à disposition en fonction des besoins des utilisateurs.
Dans ce contexte, la première usine à tokens de Pékin est entrée en service dans la zone de développement économique et technologique de la capitale chinoise. Lors de sa première phase, elle affiche une capacité de production pouvant atteindre 1 400 milliards de tokens par jour, illustrant les ambitions de la Chine en matière de renforcement de ses capacités nationales dans le domaine de l’intelligence artificielle.
Cette stratégie ne se limite pas au développement des infrastructures technologiques. Elle vise également à encourager le déploiement d’agents d’intelligence artificielle, tant pour des usages généralistes que pour des applications sectorielles spécifiques. L’objectif est de favoriser l’intégration de ces technologies dans des domaines tels que l’industrie, la recherche scientifique et l’administration publique.
Par ailleurs, les données officielles témoignent de la progression rapide de la demande pour ces services en Chine. Selon les chiffres de l’Administration nationale des données, le volume moyen des requêtes quotidiennes liées aux tokens a dépassé les 500 000 milliards en juin dernier.




