New York.. Bourita place la souveraineté et l’appropriation nationale au cœur de la consolidation de la paix de l’ONU

ALDAR/
Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, M. Nasser Bourita, a présenté, ce jeudi à New York, les principaux axes de la présidence marocaine, pour l’année 2026, de la Commission de consolidation de la paix des Nations unies, lors d’une réunion de haut niveau consacrée au thème : « L’appropriation nationale en pratique : renforcer les institutions étatiques inclusives ».
Cette réunion a réuni notamment la Vice-Secrétaire générale des Nations unies, Mme Amina J. Mohammed, le Premier ministre de Papouasie-Nouvelle-Guinée, M. James Marape, le Premier ministre du Kenya, M. Musalia Mudavadi, ainsi que la Vice-Présidente de la Banque africaine de développement, Mme Maria Laura Akin Olugbade, aux côtés de plusieurs vice-Premiers ministres et ministres.
Dans son intervention, M. Bourita a appelé à renforcer l’appropriation nationale dans les efforts de consolidation de la paix, à travers des institutions inclusives et des partenariats internationaux répondant aux priorités des États. Il a souligné qu’après vingt années d’existence, la Commission de consolidation de la paix se trouve à une étape importante de son évolution, notamment à la lumière du « Pacte pour l’avenir » et de l’examen de l’architecture de consolidation de la paix de 2025.
Le ministre a souligné qu’il ne saurait y avoir de consolidation durable de la paix à la place des États et des sociétés concernés eux-mêmes, rappelant que le Maroc a appelé à faire de l’appropriation nationale un principe concret, fondé sur la souveraineté, la responsabilité partagée et le renforcement des capacités nationales.
Il a ajouté que cette appropriation doit être à la fois politique, institutionnelle et financière, avec des institutions légitimes et inclusives, capables de répondre aux besoins des populations.
M. Bourita a expliqué que cette approche s’inscrit dans le cadre de la vision marocaine fondée sur l’interconnexion entre « paix, sécurité, développement et gouvernance », conformément à l’engagement du Royaume en faveur de la prévention des conflits, de la médiation, du maintien et de la consolidation de la paix, ainsi que de la reconstruction post-conflit.
Dans le même contexte, M. Bourita a proposé d’institutionnaliser l’action de la Commission de consolidation de la paix au-delà de ses murs, à travers la tenue de sessions dans les pays concernés, ainsi que l’élaboration d’un « diagnostic de l’appropriation nationale » permettant d’identifier conjointement les capacités nécessaires à l’édification d’une paix durable.
Il a également appelé à une plus grande prévisibilité des financements et au renforcement des partenariats avec les institutions financières internationales et les banques de développement, afin d’assurer une meilleure articulation entre paix, investissement et développement autour des priorités nationales.
Le ministre a également affirmé que la valeur ajoutée de la Commission de consolidation de la paix réside dans sa capacité à jeter des ponts entre la paix et le développement, entre les États et le système multilatéral, ainsi qu’entre les priorités nationales et les ressources internationales.
En conclusion, le ministre a souligné que l’ambition ne devrait pas se limiter à déployer davantage d’efforts en faveur de la consolidation de la paix, mais qu’il fallait surtout le faire de manière plus efficace, réaffirmant, en sa qualité de président de la Commission de consolidation de la paix, son engagement à contribuer à la mise en œuvre de l’examen de 2025 et à renforcer le rôle de la Commission au service d’une paix véritablement nationale, inclusive et durable.
Il convient de rappeler que la Commission de consolidation de la paix a été créée conjointement en 2005 par le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale en tant que nouvel organe consultatif intergouvernemental des Nations unies. Elle a pour mission de soutenir les efforts de consolidation de la paix dans les pays sortant de conflits, de proposer des stratégies intégrées de consolidation de la paix et de relèvement post-conflit, ainsi que de mobiliser l’ensemble des acteurs concernés et les ressources nécessaires.




