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Le mystère autour de la mort du Marocain Abderrahim Fqir secoue l’Italie : l’autopsie révèle des éléments troublants, l’hypothèse d’une asphyxie par compression thoracique au cœur de l’enquête

ALDAR / Imane Alaoui

Les autorités judiciaires italiennes poursuivent leurs investigations afin d’établir les circonstances exactes du décès du ressortissant marocain Abderrahim Fqir, une affaire devenue en quelques jours l’un des dossiers les plus sensibles en Italie. Les premiers résultats de l’autopsie ont mis au jour de nouveaux éléments susceptibles de réorienter l’enquête et d’ouvrir la voie à d’éventuelles poursuites pénales.

Selon les informations rapportées par l’agence de presse italienne ANSA, ainsi que par plusieurs médias nationaux, dont Rai News et Il Resto del Carlino, l’examen médico-légal préliminaire a révélé la présence d’une quantité importante de sang dans les poumons ainsi que des traces manifestes de compression au niveau du thorax. Les spécialistes considèrent ces constatations comme des indices majeurs pour comprendre le mécanisme ayant conduit au décès, tout en soulignant qu’elles ne permettent pas encore d’établir avec certitude la cause finale de la mort.

Les experts en médecine légale étudient désormais la possibilité qu’Abderrahim Fqir ait été victime d’une asphyxie positionnelle ou mécanique, un phénomène pouvant résulter d’une pression prolongée exercée sur la cage thoracique, empêchant une respiration normale et provoquant une sévère privation d’oxygène. Le parquet rappelle toutefois qu’il ne s’agit, à ce stade, que d’une hypothèse scientifique qui devra être confirmée ou infirmée par les examens complémentaires.

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Les médias italiens précisent également que l’autopsie n’a pas mis en évidence de lésions mortelles directes à la tête ni aux principaux organes vitaux. Cette absence de traumatismes fatals conduit désormais les enquêteurs à concentrer leurs investigations sur les conditions dans lesquelles la victime a été maintenue au sol lors de l’intervention policière et sur les conséquences éventuelles de cette immobilisation sur sa capacité respiratoire durant les dernières minutes de sa vie.

Les résultats des analyses histologiques, toxicologiques ainsi que des examens microscopiques des tissus pulmonaires, cardiaques et cérébraux sont encore attendus. Ces expertises pourraient nécessiter près de trois mois avant la publication du rapport médico-légal définitif, lequel devra déterminer de manière scientifique si le décès est imputable à une asphyxie, à un malaise soudain ou à une combinaison de plusieurs facteurs.

La presse italienne rapporte par ailleurs que le parquet de Bologne a placé deux policiers et quatre membres des services de secours sous enquête. Il s’agit d’une procédure judiciaire courante dans ce type de dossier, destinée à permettre aux magistrats de recueillir les preuves et d’entendre l’ensemble des personnes concernées, sans préjuger de l’existence d’une responsabilité pénale.

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Les investigations portent actuellement sur l’analyse des images de vidéosurveillance, des caméras-piétons des forces de l’ordre ainsi que des vidéos enregistrées par des témoins. Les enquêteurs poursuivent également les auditions de toutes les personnes présentes afin de reconstituer avec précision le déroulement des faits, depuis l’intervention policière jusqu’au décès de la victime à l’hôpital.

De son côté, l’avocat de la famille d’Abderrahim Fqir estime que les premiers résultats de l’autopsie renforcent l’hypothèse d’un décès par asphyxie. Selon lui, la présence de sang dans les poumons et les marques de compression thoracique justifient une enquête approfondie afin de déterminer si les modalités de l’intervention policière ont pu jouer un rôle dans la mort de son client. À l’inverse, les avocats des policiers concernés considèrent que les conclusions préliminaires ne démontrent à ce stade aucun lien direct entre les techniques d’interpellation employées et le décès, appelant à attendre les conclusions définitives des experts médico-légaux.

Cette affaire a suscité une vive émotion au sein des milieux politiques et des organisations de défense des droits humains en Italie. Plusieurs associations réclament une enquête indépendante et transparente permettant d’établir toutes les responsabilités et d’éviter toute impunité si des manquements venaient à être établis. Des rassemblements et manifestations ont également eu lieu à Bologne, où les participants ont réclamé « la vérité et la justice pour Abderrahim Fqir ».

L’attention se tourne désormais vers le rapport médico-légal final, qui sera déterminant pour établir la cause exacte du décès et constituera la principale base sur laquelle reposeront les futures décisions de justice. Au-delà du cas d’Abderrahim Fqir, cette affaire soulève un débat plus large en Italie sur les limites du recours à la force lors des interpellations policières et sur la protection effective du droit à la vie et de l’intégrité physique des personnes lors des interventions des forces de l’ordre.

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