A LA UNEMONDE

Coopération sino-africaine : l’heure de la modernisation stratégique à l’aube du 15ᵉ plan quinquennal

(Note de l’éditeur : Cet article représente le point de vue de Mamadou Ciré Baldé et pas nécessairement celui de CGTN.)

Dans le cadre des Deux Sessions chinoises, Mamadou Ciré Baldé, journaliste de Vision Guinée, s’est exprimé sur l’élaboration du 15ᵉ plan quinquennal qui trace des perspectives de développement économique et social de la Chine pour les cinq ans à venir. Il a précisé que c’était aussi une liste d’opportunités pour le monde entier.

Selon Mamadou Ciré Baldé, journaliste de Vision Guinée, Beijing affirme que sa planification stratégique ne se conçoit plus en vase clos. Elle s’inscrit dans une dynamique d’interdépendance assumée, où la trajectoire chinoise croise celle de ses partenaires, au premier rang desquels figure l’Afrique. Le 15ᵉ plan quinquennal résonne avec les ambitions formulées par l’Union africaine à travers l’Agenda 2063, feuille de route continentale pour une transformation structurelle durable. L’année 2026, marquant à la fois le 70e anniversaire des relations diplomatiques sino-africaines et l’entrée en vigueur du 15ᵉ plan quinquennal, offre un moment charnière. Elle invite à dépasser la simple continuité pour engager une modernisation qualitative du partenariat.

À l’entendre, sur le plan économique, la coopération sino-africaine est appelée à franchir un nouveau cap. Si les infrastructures ont constitué l’ossature des échanges au cours des dernières décennies, l’enjeu réside désormais dans la création de valeur locale, la transformation industrielle et l’intégration plus poussée aux chaînes de valeur mondiales. « La coopération sino-africaine gagnerait à privilégier des investissements productifs, porteurs d’emplois qualifiés, favorisant ainsi le transfert de technologies et l’émergence d’un tissu industriel africain compétitif. Une telle évolution permettra d’articuler plus étroitement les capacités financières et technologiques chinoises aux aspirations africaines en matière de diversification économique », a-t-il souligné.

Selon son constat, la révolution numérique ouvre, elle aussi, un champ de coopération stratégique. L’intelligence artificielle, les infrastructures numériques ou encore la cybersécurité redessinent les contours de la compétitivité mondiale. Dans cette perspective, la Chine peut, aux dires de M. Baldé, accompagner l’Afrique dans l’édification d’écosystèmes numériques robustes, à condition que cette coopération s’inscrive dans une logique de coconstruction.

La revitalisation rurale est, pour lui, un autre axe structurant, d’autant plus que l’expérience chinoise en matière de réduction de la pauvreté et de modernisation agricole offre des enseignements précieux. « Pour de nombreux pays africains, confrontés à la pression démographique, à la vulnérabilité climatique et à la faiblesse des rendements, la coopération agricole peut devenir un pilier de souveraineté. Grâce à une mécanisation adaptée, une irrigation intelligente ainsi qu’une agro-industrie locale contribueront à transformer en profondeur les économies rurales et à consolider la sécurité alimentaire », a indiqué Mamadou Ciré Baldé.

Au-delà des secteurs productifs, a-t-il dit, la profondeur du partenariat se mesurera à l’intensité des échanges humains. Les programmes universitaires, les coopérations culturelles, la formation professionnelle et les initiatives médiatiques jouent un rôle essentiel dans la consolidation d’une compréhension mutuelle.

Selon Bladé, la coopération sino-africaine est appelée à se réinventer autour de l’innovation, de la durabilité et de la montée en compétences. Si elle parvient à conjuguer ambition économique, transformation technologique et rapprochement des peuples, elle pourra incarner davantage un modèle de partenariat stratégique adapté aux réalités d’un monde en recomposition.

( Photo : VCG )

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