
Dans un tableau naturel suscitant l’optimisme et incarnant le sens de la renaissance, le grondement des eaux de l’Oued Oum Er-Rbia résonne de nouveau à Khénifra, annonçant le retour à la normale du débit de l’une des plus importantes artères hydriques du Royaume, à la faveur des importantes précipitations et chutes de neige enregistrées sur les reliefs du Moyen Atlas depuis le début de l’année.
Prenant sa source dans les tréfonds du Moyen Atlas, ce cours d’eau s’étire sur près de 500 kilomètres avant de se jeter dans l’Océan Atlantique près d’Azemmour, s’érigeant ainsi en deuxième plus long fleuve du pays et en véritable levier stratégique de la sécurité hydrique et du développement socio-économique tout au long de son lit.
La ville de Khénifra entretient un rapport fusionnel et singulier avec cette ressource vitale, étant l’unique cité que l’Oum Er-Rbia traverse en plein cœur, illustrant une symbiose géographique parfaite entre l’espace et l’eau. Alimenté par des affluents majeurs tels que les oueds Srou et Chbouka, le fleuve poursuit son périple à travers les plateaux de Tadla et les plaines de la Chaouia et des Doukkala, irriguant l’un des bassins agricoles les plus prolifiques du Royaume.
Au-delà de sa dimension purement géographique, ce bassin hydraulique névralgique sous-tend tout un écosystème économique intégré. Son cours est jalonné de plusieurs grands barrages qui jouent un rôle prépondérant dans la production d’énergie hydroélectrique, l’approvisionnement en eau potable de plusieurs agglomérations et l’irrigation de vastes périmètres agricoles.
La récente embellie pluviométrique a d’ailleurs permis d’améliorer significativement le taux de remplissage de plusieurs de ces ouvrages, à leur tête le barrage Ahmed El Hansali, augurant d’une campagne agricole prometteuse, après des années de sécheresse et de stress hydrique persistant.
Outre son poids économique indéniable, le fleuve recèle une riche biodiversité, offrant un écosystème foisonnant en ressources halieutiques et en espèces floristiques et fauniques. Cet atout érige les rives de l’oued en pôle d’attraction pour les férus d’écotourisme et de sports nautiques (kayak, pêche continentale), et en véritable bouffée d’oxygène pour la population locale.
Profondément ancré dans l’imaginaire collectif des habitants du Moyen Atlas, l’Oum Er-Rbia revêt également une dimension culturelle et spirituelle indéniable, jalonnée de mausolées et de sanctuaires bordant ses berges. Bien plus qu’un simple cours d’eau, il incarne l’identité locale, la résilience et la générosité de la nature.
Dans une déclaration à la MAP, le Secrétaire général de la section de Khénifra de l’Association des Enseignants des Sciences de la Vie et de la Terre (AESVT), Mustapha Taoudi, a affirmé que l’Oum Er-Rbia s’érige en véritable artère vitale pour le Maroc. Il a mis en exergue son tracé stratégique depuis les cimes atlasiques jusqu’à l’Atlantique, ainsi que son rôle crucial dans la sécurité hydrique, énergétique et alimentaire.
La préservation de cette ressource naturelle exige la pérennisation des efforts de réhabilitation et de protection, a-t-il plaidé, appelant à une meilleure valorisation de ses atouts écotouristiques, encore sous-exploités, afin de catalyser la dynamique socio-économique et le développement durable le long de son bassin.
En somme, le retour en force des eaux dans le lit de l’Oum Er-Rbia dépasse le simple stade de l’embellie paysagère conjoncturelle. Il traduit une amélioration palpable de la situation hydrique et ravive les espoirs quant à la consolidation de la sécurité en eau et la relance des activités agro-économiques dans les régions traversées, dans un contexte mondial marqué par l’acuité des défis climatiques.




