
ALDAR/ Meryem Hafiani
La capitale américaine, Washington, accueille le lancement d’un nouveau cycle de négociations politiques consacré au dossier du Sahara marocain, avec la participation de l’ensemble des parties concernées par ce différend régional. Cette séquence diplomatique illustre l’entrée du dossier dans une phase plus dynamique, marquée par une attention internationale accrue et par une volonté croissante de relancer le processus onusien vers une solution réaliste et durable.
Cette nouvelle étape intervient après une série de contacts et de réunions préparatoires organisés plus tôt ce mois-ci à Madrid. Ces consultations ont réuni des représentants du Maroc, de Algérie, de Mauritanie et du Front Polisario, en présence d’un représentant des Nations unies et sous l’égide directe des États‑Unis. Ces rencontres ont permis de préparer le terrain pour des discussions plus larges à Washington, visant à explorer les perspectives d’un règlement politique à ce conflit régional qui perdure depuis plusieurs décennies.
Cette dynamique s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité, notamment la résolution 2797, qui appelle l’ensemble des parties à s’engager dans un processus politique réaliste, pragmatique et fondé sur le dialogue direct ainsi que sur une responsabilité partagée dans la recherche d’une solution définitive.
Au cœur des discussions figure la proposition marocaine d’autonomie, présentée comme la base centrale du débat politique. Lors des consultations, Rabat a soumis un document technique détaillé proposant une vision globale visant à accorder aux provinces du Sud une large autonomie sous souveraineté marocaine, tout en préservant les symboles de l’État et l’intégrité territoriale du Royaume.
Ce projet prévoit notamment la mise en place d’institutions locales élues dotées de larges compétences législatives et exécutives, ainsi que l’établissement d’un système judiciaire et sécuritaire régional. Il prévoit également que la région puisse gérer une partie importante de ses ressources économiques, dans l’objectif de renforcer le développement et la stabilité.
Selon plusieurs observateurs, l’initiative marocaine traduit une évolution dans la gestion des conflits régionaux : elle combine respect de la souveraineté nationale et garantie des droits politiques et économiques des populations locales, un modèle qui s’inspire de certaines expériences d’autonomie appliquées dans plusieurs pays européens.
Dans ce contexte, l’implication renforcée de États‑Unis est perçue par plusieurs analystes comme le signe d’une volonté américaine d’accélérer la dynamique de règlement, notamment à la lumière des défis sécuritaires croissants dans la région du Sahel. La persistance du conflit contribue, selon plusieurs centres de recherche occidentaux, à fragiliser davantage l’environnement régional et à favoriser l’essor des réseaux de trafics et des groupes extrémistes.
Au sein des milieux politiques américains, certaines voix plaident également pour une approche plus ferme vis-à-vis des acteurs considérés comme faisant obstacle au processus politique. Plusieurs membres du Congrès ont ainsi évoqué l’idée d’inscrire le Front Polisario sur les listes d’organisations terroristes, dans l’hypothèse où le blocage persisterait et où le mouvement refuserait de s’engager sérieusement dans la voie d’un règlement négocié.
Le rôle de Algérie demeure par ailleurs un facteur déterminant dans l’avenir de ces négociations. Les Nations unies considèrent en effet Alger comme une partie essentielle du différend, aux côtés du Maroc, de la Mauritanie et du Front Polisario. De nombreux observateurs estiment ainsi que toute avancée substantielle dans le processus politique dépendra largement de la disposition de l’Algérie à s’engager de manière directe dans une solution de compromis mettant un terme à un conflit régional qui dure depuis des décennies.
Dans ce contexte, le cycle de discussions de Washington apparaît comme un test crucial pour mesurer la volonté réelle des parties de passer de la gestion du conflit à sa résolution. Entre la proposition marocaine d’autonomie et la pression internationale croissante en faveur d’un règlement pragmatique, la perspective d’ouvrir une nouvelle page diplomatique semble se dessiner, susceptible de conduire, à terme, à la consolidation d’une solution politique durable garantissant la stabilité de la région sous souveraineté marocaine.




