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Retaillau se lance dans la course à l’Élysée 2027… le « tombeur du régime algérien » affiche un soutien ferme à la souveraineté marocaine sur le Sahara

Retaillau se lance dans la course à l’Élysée 2027… le « tombeur du régime algérien » affiche un soutien ferme à la souveraineté marocaine sur le Sahara

 

 

ALDAR/ Meryem Hafiani

L’ancien ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, marquant une nouvelle étape dans la recomposition de la droite française autour d’un discours axé sur la souveraineté, l’autorité et la fermeté. Si l’annonce a d’abord résonné sur la scène politique parisienne, ses échos ont rapidement franchi la Méditerranée. Dans certains cercles, Retailleau est perçu comme l’un des responsables politiques français les plus intransigeants à l’égard du régime algérien, au point d’être qualifié par ses détracteurs de « tombeur du régime algérien ».

Une part importante de son capital politique s’est construite sur des positions strictes en matière d’immigration, d’éloignements et de coopération consulaire — autant de dossiers qui ont alimenté les tensions récurrentes entre Paris et Alger ces dernières années. À la tête du ministère de l’Intérieur, il a plaidé pour une réduction des visas et un durcissement des conditions de séjour, estimant que la coopération dans la réadmission des migrants en situation irrégulière devait constituer un critère central dans l’évaluation des relations bilatérales. Ce discours assumé, plaçant « l’intérêt national français » au-dessus des considérations mémorielles ou symboliques, l’a placé en confrontation directe avec l’approche traditionnelle d’Alger.

En parallèle, le projet politique de Retailleau s’inscrit dans une nouvelle phase des relations franco-marocaines. Ces dernières années, la position française sur la question du Sahara a connu une évolution notable. Paris a exprimé de manière explicite son soutien à la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud et considère le plan d’autonomie proposé par Rabat comme la seule solution sérieuse, crédible et réaliste au différend. Ce repositionnement, en phase avec celui de plusieurs puissances internationales, a redéfini certains équilibres régionaux et suscité l’irritation d’Alger, soutien du Front Polisario.

Dans ce contexte, Retailleau apparaît comme un candidat susceptible de pousser cette orientation vers davantage de clarté et de constance. Son discours prône une lisibilité stratégique dans les alliances et voit dans le Maroc un partenaire clé pour la sécurité en Méditerranée, qu’il s’agisse de lutte contre le terrorisme, de gestion des flux migratoires ou de coopération en matière de renseignement. Des rapports officiels français et européens soulignent d’ailleurs que la coopération sécuritaire avec Rabat a contribué à déjouer plusieurs projets terroristes en Europe, renforçant l’image du Maroc comme acteur central de la stabilité régionale.

Sur le plan économique, la France demeure l’un des premiers investisseurs étrangers au Maroc. Les coopérations dans les domaines des énergies renouvelables, des infrastructures et de l’industrie de défense constituent des piliers avancés du partenariat bilatéral. À l’heure où l’influence française recule au Sahel, Rabat apparaît pour Paris comme un point d’ancrage stratégique vers une profondeur africaine plus stable et structurée.

L’Algérie, malgré son importance énergétique pour l’Europe dans le contexte post-guerre en Ukraine, reste un partenaire marqué par la sensibilité mémorielle et les équilibres internes de la politique française. Une éventuelle arrivée de Retailleau à l’Élysée ouvrirait une phase de test, notamment si son discours ferme devait se traduire en orientations concrètes sur l’immigration, la coopération sécuritaire et le positionnement régional.

Reste que la politique étrangère française demeure tributaire des équilibres institutionnels et des intérêts stratégiques de l’État. Quel que soit leur parcours, les présidents français se trouvent confrontés à un enchevêtrement de considérations économiques, énergétiques et sécuritaires. La candidature de Retailleau traduit néanmoins une tendance croissante à droite en faveur d’une diplomatie moins « grise » et plus affirmée dans le choix des partenaires.

Le soutien de Paris à la souveraineté marocaine sur le Sahara et au plan d’autonomie comme unique cadre de règlement semble désormais s’inscrire dans une dynamique stratégique difficilement réversible, au regard de l’imbrication des intérêts sécuritaires et économiques entre les deux pays. Au-delà de la question de savoir qui accédera à l’Élysée en 2027, c’est la place que la France choisira d’occuper dans l’équation Maroc-Algérie qui se dessine : maintien d’un équilibre prudent ou consolidation d’un axe clairement assumé au sud de la Méditerranée.

Les prochaines années diront si Bruno Retailleau transformera son image de « tombeur du régime algérien » en ligne d’État, ou si le pragmatisme des intérêts imposera un tempo plus nuancé. Une certitude demeure : la course à 2027 est lancée, et l’Afrique du Nord en sera l’un des théâtres stratégiques majeurs.

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