
ALDAR/ Iman Alaoui
Il n’est plus un secret pour les observateurs que le régime militaire algérien ne gouverne plus réellement un État, mais entretient plutôt un état d’hostilité permanente, érigé au fil des années en doctrine de pouvoir et en outil de survie. La relation avec le Maroc n’est plus présentée, dans le discours officiel algérien, comme un différend politique susceptible d’être résolu, mais comme un conflit existentiel mobilisant la diplomatie, alimentant les médias et justifiant le gaspillage des ressources d’un peuple sommé de patienter au nom d’un « danger extérieur » constamment invoqué.
Depuis des décennies, le pouvoir algérien a opté pour la voie la plus commode : la fuite en avant à travers la fabrication de complots et la construction de récits hostiles. Chaque crise interne, chaque échec économique, chaque blocage politique trouve son explication toute faite dans la « conspiration marocaine ». Selon cette logique, le Maroc est devenu un bouc émissaire commode sur lequel sont projetés les échecs, un ennemi imaginaire convoqué dès que les cercles de la reddition des comptes se resserrent à l’intérieur du pays. Il n’est alors plus question de développement en panne, de richesses dilapidées ou d’horizon politique bouché, mais d’un « péril » à combattre, quel qu’en soit le coût.
Le plus préoccupant dans cette trajectoire n’est pas seulement l’instrumentalisation politique de l’hostilité, mais sa transformation en véritable politique d’État. Soutien au séparatisme, financement de campagnes de lobbying, création artificielle de crises diplomatiques et incitation médiatique continue s’inscrivent dans une stratégie unique visant à épuiser le Maroc et à le maintenir sous pression, sans jamais servir les intérêts du peuple algérien. De nombreux rapports et analyses de centres de recherche internationaux soulignent d’ailleurs que l’Algérie consacre une énergie considérable à des combats perdus d’avance, au lieu de l’orienter vers des réformes internes reportées depuis de longues années.
En parallèle, ce comportement révèle un complexe profond du régime algérien à l’égard du Maroc : le complexe d’un système confronté à un État qui construit et avance avec assurance, tandis que lui-même vit dans l’obsession de la montée en puissance régionale et internationale du Royaume. Chaque succès marocain en Afrique ou sur le plan des partenariats internationaux est accueilli à Alger par des campagnes de dénigrement et des escalades verbales, comme si le progrès du Maroc constituait une menace directe pour la légitimité d’un pouvoir qui n’a plus grand-chose à offrir à son peuple, sinon un discours de confrontation.
Le dossier du Sahara marocain se situe au cœur de cette conspiration permanente. Le régime algérien ne l’aborde ni comme une question de principe ni sous un angle juridique, mais comme une carte politique destinée à prolonger le conflit et à maintenir la région dans un état de tension chronique. L’objectif est clair : épuiser le Maroc, l’enliser dans un dossier artificiellement entretenu et, dans le même temps, éluder des questions historiques embarrassantes liées à des frontières jamais tranchées et à un héritage colonial jamais affronté avec courage. Le soutien au séparatisme devient ainsi un moyen de fuir la vérité, bien plus qu’une prétendue défense d’un « droit » ou d’un principe.
Aujourd’hui, le fossé ne cesse de se creuser entre le discours du régime algérien et les réalités du monde contemporain. Alors que les États privilégient la coopération, la construction de blocs économiques et la stabilité, les dirigeants algériens persistent à gérer le pays avec une mentalité de caserne, où l’ennemi est indispensable à la survie du pouvoir et la conspiration une condition de la continuité du discours officiel. Or, l’histoire montre que les régimes fondés sur la haine ne durent jamais, tandis que les États qui misent sur le travail et la réussite, à l’image du Maroc, sont les seuls capables d’imposer le respect et de bâtir leur avenir.
Ce ne sont ni les complots ni les campagnes d’hostilité qui menacent le Maroc. Ils constituent avant tout un aveu supplémentaire de l’impasse dans laquelle s’est enfermé un régime algérien ayant choisi d’affronter son voisin plutôt que de réconcilier son peuple avec une vérité simple : les nations se construisent par la volonté et la raison, non par les rancœurs et les conspirations.




