A LA UNEMONDE

2026, année des échanges humains et culturels Chine-Afrique : le dialogue des cultures pour parer à l’arbitraire

 

(Note de l’éditeur : Cet article représente le point de vue de l’auteur Karim Badolo et pas nécessairement celui de CGTN.)

Lors du Sommet du Forum sur la coopération sino-africaine en 2024 à Beijing, les deux parties avaient décidé que 2026 sera l’année des échanges humains et culturels. Depuis l’aube de l’humanité, les peuples éparpillés sur la planète ont toujours interagi. Par les migrations, les échanges commerciaux et les voyages, les hommes ont toujours éprouvé le besoin de se rencontrer, d’échanger et de partager ce qu’ils ont en commun et de différent. L’Afrique et la Chine ont établi des liens d’amitié aux racines profondes qui remontent dans le temps. Les hommes et les cultures des deux parties se sont nourris mutuellement dans divers domaines. Par le biais des routes de la soie, l’Afrique et la Chine ont communiqué et créé des liens qui se sont développés jusqu’à nos jours.

Dans le cadre de la coopération sino-africaine, l’Afrique et la Chine ont tracé les sillons d’échanges mutuels et enrichissants. Les deux parties ont formulé des initiatives qui favorisent la compréhension mutuelle et le renforcement des liens d’amitié séculaires. À travers un dialogue dynamique des cultures, l’Afrique et la Chine écrivent chaque jour les pages d’une humanité qui discute en tout égalité et en toute fraternité pour affronter les défis communs. En décrétant 2026, année des échanges humains et culturels, les deux parties ont pris le pari d’innerver leur coopération par une interaction humaine et culturelle prodigieuse. Les défis du développement ne sauraient être surmontés que dans une perspective où les cultures dialoguent en permanence. L’échange et l’ouverture apparaissent comme les piliers fondamentaux d’une coopération fructueuse et mutuellement bénéfique.

L’année 2026 sera l’occasion pour l’Afrique et la Chine d’apprécier le chemin parcouru ensemble, non seulement en termes de promotion des échanges humains et culturels, mais aussi un nouveau chapitre pour renforcer le dialogue des cultures dans un contexte où le règne de l’arbitraire et le repli sur soi sont en train de vouloir cloisonner le monde. Déjà, il faut se réjouir des nombreuses initiatives qui ont vu le jour dans le cadre de la coopération sino-africaine pour bâtir des ponts solides entre les deux parties. Grâce à des plates-formes d’échanges dynamiques, l’Afrique et la Chine se découvrent chaque jour dans divers secteurs et promeuvent le développement. À titre illustratif, des plateformes comme l’Exposition économique et commerciale Chine-Afrique et l’Exposition internationale d’importation de Chine (CIIE) ont permis aux produits agricoles et artisanaux africains d’intégrer le marché chinois et d’être appropriés par les Chinois. De nos jours, les ananas du Bénin, le café éthiopien, le piment du Rwanda, les fleurs du Kenya, le beurre de karité africain et bien d’autres articles artisanaux africains sont visibles sur le marché chinois. Dans l’autre sens, les produits chinois circulent en Afrique à la satisfaction des populations. Aujourd’hui, la Chine est, depuis 16 années consécutives, le premier partenaire économique et commercial de l’Afrique. Ces biens de consommation, qui circulent de part et d’autre, traduisent avec éloquence la richesse des échanges entre les deux parties.

Dans un autre registre, des décisions politiques contribuent énormément au renforcement des passerelles d’échanges humains et culturels entre les pays africains et la Chine. Depuis l’année dernière, la Chine a décidé de supprimer les droits de douane sur les produits de 53 pays africains. Cette mesure, qui vise à stimuler les exportations africaines et à réduire la balance commerciale largement déficitaire, participe à élargir les perspectives des échanges commerciaux entre les deux parties. Les diverses sessions de séminaires organisées par la partie chinoise au profit des africains dans divers domaines leur permettent d’avoir une meilleure compréhension de la Chine, de son histoire, de sa culture, de son développement et des enjeux de la coopération sino-africaine. En même temps, ces sessions de formations aident à déconstruire les préjugés éculés longtemps entretenus par certains pour entraver un véritable rapprochement des peuples africains et chinois. Par le biais de ces occasions d’échanges et de partage, les stéréotypes biaisés font de plus en plus place à une meilleure connaissance et compréhension de l’autre.

Dans le contexte actuel du monde où l’incertitude est permanente et la paix en sursis, la Chine et l’Afrique ont intérêt à saisir l’opportunité de cette année particulière pour ériger des remparts contre le mépris magistral infligé à la cohabitation entre les peuples. Dans ce sens, il importe pour les deux parties de dynamiser les échanges dans les domaines de l’éducation, de la culture, du tourisme, de l’édition, des sports, des sciences et technologies, des moyens de subsistance des populations, du développement vert et autres. Face à l’arbitraire et au piétinement du droit international, il faut mettre en avant le dialogue des cultures qui prône des valeurs communes comme l’égalité, la solidarité, le respect des droits de l’homme, l’ouverture, la tolérance et la responsabilité commune.

Promouvoir les échanges humains et culturels, c’est prendre un pari pour avenir pacifique, un monde respectueux des intérêts des autres et offrir une diversité de possibles aux générations futures. Le dialogue des cultures est une dimension essentielle dans la promotion des échanges humains et culturels. Il doit servir de bouclier contre ceux qui veulent instaurer la loi de la jungle dans la marche du monde. L’avènement d’un monde de paix et de cohésion sociale passe impérativement par un dialogue des civilisations fondé sur la compréhension mutuelle, l’égale dignité des cultures et le respect mutuel. L’Afrique et la Chine ont une occasion en or, en cette année qu’elles ont désignée année des échanges humains et culturels, pour montrer au reste du monde que les instincts de prédation sont anachroniques et aux antipodes des valeurs de démocratie.

Face à la résurgence d’un monde de bafouement de la dignité des autres, il faut renforcer l’alternative d’un dialogue fraternel entre les hommes. Comme l’a prévenu Albert Camus, « tout ce qui dégrade la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude. » Vivement que dans le programme d’activités de cette année spéciale, l’Afrique et la Chine fassent véritablement front commun pour préserver les acquis d’une cohabitation pacifique et harmonieuse entre les différentes cultures qui, par leur diversité, enrichissent le monde.

(Photo : VCG)

 

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