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Si la sardine peut être vendue à cinq dirhams, pourquoi est-elle vendue à vingt dirhams ou plus ?

ALDAR / Analyse

Le jeune Marrakchi Abdelilah, qui vendait des sardines à cinq dirhams le kilogramme et a fermé son magasin à Marrakech mardi dernier, a suscité un vaste débat parmi les citoyens et les observateurs.

Alors que les consommateurs se plaignent de la hausse des prix du poisson, qui varient sur les marchés entre 20 et 25 dirhams le kilogramme, Abdelilah affirme qu’il achète la sardine à la criée pour seulement trois dirhams. Cela soulève des questions sur l’écart considérable entre les prix de gros et ceux de détail.

D’un point de vue économique, vendre la sardine à ce prix nécessite de l’acheter en grandes quantités directement à la source, car les prix sur le marché de gros diffèrent de ceux pratiqués par les vendeurs ambulants ou les magasins de détail. Mais pourquoi les prix atteignent-ils des niveaux aussi élevés chez la plupart des autres commerçants ?

Une grande partie du problème vient de la multiplication des intermédiaires dans la chaîne de distribution. Une fois le poisson sorti de la criée, il passe par plusieurs étapes avant d’arriver au consommateur : des grossistes aux distributeurs, en passant par les revendeurs, et chaque maillon de cette chaîne ajoute une marge bénéficiaire, ce qui entraîne une augmentation significative du prix final.

Face à cet écart de prix, le rôle des autorités compétentes dans la régulation des marchés et la garantie de prix équitables devient crucial. Une intervention visant à réglementer les intermédiaires, à soutenir directement les pêcheurs et à mettre en place des points de vente organisés pourrait contribuer à réduire les prix et à atténuer l’écart entre les prix de gros et de détail.

De plus, la mise en place d’espaces de vente directe entre producteurs et consommateurs pourrait être une solution pratique pour limiter la flambée injustifiée des prix.

Ce que soulève Abdelilah n’est pas un simple cas isolé, mais le reflet d’un problème plus profond lié à la transparence des marchés et aux mécanismes de tarification. Si la sardine peut être vendue à cinq dirhams, pourquoi est-elle affichée à vingt dirhams ailleurs ? Est-ce dû à un manque de contrôle ou à une faiblesse dans l’organisation du marché ?

Autant de questions qui nécessitent des réponses et des réformes pour rétablir l’équilibre du marché et garantir aux consommateurs un accès équitable aux ressources maritimes à des prix justes.

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