Maroc–Guinée : Rabat accélère son offensive partenariale à Conakry, 25 accords et un appui à « Simandou 2040 »

ALDAR/
Le Maroc et la Guinée franchissent un nouveau cap dans leur relation bilatérale. Réunis ce mardi à Conakry à l’occasion de la huitième session de la Commission mixte de coopération, Rabat et Conakry ont affiché leur volonté de donner une nouvelle profondeur à leur partenariat stratégique, avec une priorité clairement assumée : transformer les liens politiques et historiques en projets économiques et de développement concrets.
La rencontre a été coprésidée par le ministre marocain des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, et son homologue guinéen, Morissanda Kouyaté.
Une relation historique appelée à changer d’échelle
Ancrées dans une longue tradition d’amitié, de solidarité et de coopération, les relations entre le Maroc et la Guinée sont aujourd’hui appelées à franchir un nouveau seuil.
Les deux parties ont réaffirmé leur ambition de bâtir un partenariat stratégique fondé sur les intérêts communs, la prospérité partagée et le développement durable.
Cette dynamique bénéficie également du rapprochement entre le Roi Mohammed VI et le président guinéen Mamadi Doumbouya, dont les relations constituent un levier politique important pour approfondir la coopération bilatérale et favoriser l’émergence de projets structurants.
« Simandou 2040 » : le Maroc propose son expérience
L’un des principaux marqueurs de cette nouvelle étape réside dans l’appui exprimé par le Maroc à la vision portée par le président Mamadi Doumbouya à travers « Simandou 2040 », programme appelé à jouer un rôle majeur dans la transformation économique et le développement de la Guinée.
Rabat entend mettre son expérience au service de cette ambition.
Nasser Bourita a ainsi réaffirmé la disponibilité du Royaume à partager son expertise en matière de développement avec la Guinée, conformément aux Hautes Orientations du Roi Mohammed VI, tout en exprimant la volonté du Maroc de contribuer à la mise en œuvre de « Simandou 2040 » dans plusieurs secteurs stratégiques.
Infrastructures, sécurité, pêche maritime, santé, industrialisation, agriculture, sécurité alimentaire, formation des compétences, ressources hydriques et énergie figurent notamment parmi les domaines identifiés pour renforcer cette coopération.
Au-delà de la multiplication des accords, cette approche traduit une ambition plus large : faire du partenariat maroco-guinéen un modèle de coopération africaine fondé sur le partage d’expertise, l’investissement, le renforcement des capacités et la réalisation de projets à fort impact.
25 accords pour donner corps au partenariat
Cette volonté de passer des intentions aux réalisations s’est concrétisée par la signature de 25 accords de coopération entre les deux pays.
Ces textes viennent renforcer le cadre juridique et institutionnel de la relation bilatérale et couvrent un large éventail de secteurs.
Ils concernent notamment l’économie et les finances, le transport aérien, les douanes, l’agriculture, l’énergie, le tourisme, la justice, la santé, la météorologie et la climatologie, les ports, l’habitat et l’urbanisme, le sport, la culture et l’artisanat.
Une attention particulière est également accordée au développement du capital humain, à travers des accords portant sur l’enseignement supérieur, la recherche scientifique et l’innovation, les bourses d’études ainsi que la formation professionnelle.
Rabat et Conakry misent désormais sur l’exécution
La signature de ces accords ne constitue toutefois qu’une étape. Les deux ministres ont insisté sur la nécessité d’assurer un suivi régulier de leur mise en œuvre afin de traduire les engagements pris en programmes, investissements et projets concrets.
Pour Rabat comme pour Conakry, l’enjeu est désormais de faire de la relation bilatérale un véritable moteur de croissance et de développement, en particulier dans les secteurs prioritaires pour la Guinée.
Avec « Simandou 2040 » comme nouvelle perspective de développement et 25 accords comme socle juridique renforcé, le Maroc et la Guinée ouvrent ainsi un nouveau chapitre de leur partenariat.
Un partenariat qui se veut désormais plus opérationnel, plus multisectoriel et davantage tourné vers l’investissement, le transfert d’expertise et la création de valeur en Afrique.




