Depuis Luanda, Bourita plaide pour une approche préventive des conflits et un lien étroit entre paix, sécurité et développement

ALDAR /
Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a appelé, samedi à Luanda, à placer la prévention au cœur de l’action africaine en matière de paix et de sécurité, en s’attaquant aux causes profondes des conflits et en renforçant le lien entre paix, sécurité et développement.
Intervenant lors de la 26e session extraordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine (UA), consacrée au renforcement de l’architecture africaine de paix et de sécurité et aux mécanismes de prévention et de règlement des conflits, M. Bourita a souligné la nécessité d’adopter une approche proactive permettant d’anticiper les crises plutôt que d’intervenir une fois les conflits déclenchés.
S’attaquer aux causes profondes des conflits
Le ministre a ainsi appelé à « s’attaquer aux causes profondes des conflits, en plaçant l’interdépendance entre paix, sécurité et développement au cœur de l’action préventive du continent ».
Il a estimé que l’instauration d’une paix durable en Afrique passait par un investissement accru dans les facteurs et les mécanismes favorisant la stabilité, ainsi que dans le renforcement de la résilience des États et des sociétés africaines face aux crises.
Cette approche implique, selon le ministre, de dépasser une logique essentiellement centrée sur la gestion des conflits après leur déclenchement, pour privilégier une véritable culture de prévention fondée sur l’anticipation des crises et le traitement de leurs causes politiques, économiques, sociales et liées au développement.
Le Maroc réaffirme son soutien aux orientations de Luanda
Dans ce contexte, M. Bourita a réaffirmé le plein soutien du Royaume du Maroc aux orientations et aux objectifs de la session extraordinaire de Luanda, qui ambitionne de renforcer et d’opérationnaliser l’architecture africaine de paix et de sécurité et de consolider les mécanismes de prévention et de règlement des conflits.
Le ministre a également insisté sur l’importance de renforcer la coordination et la coopération entre l’Union africaine et les Nations unies dans la mise en œuvre du Plan d’action de Luanda.
Cette coordination, a-t-il souligné, doit demeurer un principe directeur de l’action collective afin d’assurer une plus grande efficacité aux efforts déployés pour la préservation de la paix et de la sécurité sur le continent.
Des mécanismes de financement conformes aux procédures de l’UA
Sur le volet financier, M. Bourita a indiqué que le Maroc renouvelait, à travers sa participation à cette session extraordinaire, son engagement et son soutien à l’ambition portée par le Plan d’action de Luanda et sa matrice de mise en œuvre.
Il a, dans ce cadre, souligné que les mécanismes de financement de l’action africaine en matière de paix et de sécurité devaient respecter les procédures et les règles budgétaires de l’Union africaine.
L’objectif est de garantir la cohérence entre les mécanismes de financement de l’action continentale dans le domaine de la paix et de la sécurité et les cadres institutionnels et budgétaires établis au sein de l’organisation panafricaine.
Une session dédiée au renforcement de l’architecture africaine de paix et de sécurité
La 26e session extraordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine se tient sous le thème « Renforcer et opérationnaliser l’architecture africaine de paix et de sécurité », avec l’ambition de contribuer à l’édification d’une « Afrique en paix et en sécurité ».
Cette réunion fait suite à la décision prise lors de la 39e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, tenue en février 2026.
Les dirigeants africains avaient alors appelé à la tenue d’un sommet à Luanda consacré au renforcement des mécanismes de prévention et de règlement des conflits en Afrique, ainsi qu’aux mécanismes destinés à assurer leur financement.
Cette initiative s’inscrit dans les efforts visant à renforcer la capacité de l’Union africaine à assurer une réponse précoce aux crises et à développer les instruments de l’action collective africaine dans le domaine de la paix et de la sécurité.
Vers l’adoption du Plan d’action de Luanda
À l’issue des travaux de la session extraordinaire, les participants devraient adopter une décision, ainsi que le Plan d’action de Luanda et sa matrice de mise en œuvre.
Ces instruments sont appelés à fournir un cadre opérationnel pour renforcer, à l’échelle continentale, les mécanismes de prévention et de règlement des conflits, ainsi que les dispositifs destinés à assurer leur financement.
Les conclusions de la réunion de Luanda devraient ainsi constituer une étape supplémentaire dans le renforcement de l’architecture africaine de paix et de sécurité, en consacrant la prévention et le traitement des causes profondes des conflits, tout en consolidant le lien entre paix, sécurité et développement.
Elles devraient également contribuer à renforcer la coordination entre l’Union africaine et les Nations unies, dans la perspective de promouvoir une paix et une stabilité durables sur le continent africain.




