
ALDAR / Imane Alaoui
Un rapport d’analyse du renseignement a dévoilé de nouveaux éléments concernant la campagne numérique qui a accompagné la récente crise migratoire vers la ville de Ceuta. Selon ce document, l’une des principales plateformes de coordination identifiées est un groupe public sur WhatsApp administré à partir d’un numéro de téléphone portant l’indicatif international algérien (+213), ce qui lui aurait conféré un rôle central dans le dispositif de mobilisation numérique ayant accompagné les événements.
Le rapport, qui couvre la période allant du 15 juin au 2 août 2026, retrace l’évolution de cette campagne à travers une approche fondée sur le renseignement. L’analyse s’appuie sur les sources ouvertes (OSINT), la surveillance des réseaux sociaux (SOCMINT) ainsi que l’analyse géospatiale (GEOINT), dans le but d’identifier les acteurs impliqués, les mécanismes de coordination, les plateformes utilisées et les modes de diffusion des messages numériques.
D’après les conclusions du rapport, un groupe WhatsApp baptisé « Ceuta Criage Hagma » figure parmi les principaux canaux de coordination suivis au cours de l’enquête. Les informations recueillies par les auteurs indiquent que ce groupe était administré à partir d’un numéro de téléphone algérien. Son activité aurait largement dépassé le simple partage ou la republication de contenus, en intégrant des fonctions d’organisation et de coordination des déplacements des participants.
Le rapport fait état de la diffusion de messages contenant des consignes opérationnelles relatives à l’organisation des mouvements, au calendrier de leur exécution ainsi qu’aux modalités de répartition des participants sur le terrain. D’autres messages portaient sur la préparation psychologique et physique avant les tentatives de franchissement, tout en appelant à diffuser les appels à la mobilisation sur le plus grand nombre possible de pages et de comptes sur les réseaux sociaux afin d’en maximiser la portée.
L’analyse souligne également que certains messages s’appuyaient sur des expériences antérieures de tentatives d’accès à Ceuta, notamment celles lancées depuis des zones forestières proches de la frontière, utilisées comme références pour définir les itinéraires à emprunter et partager les retours d’expérience entre les participants.
Les auteurs du rapport estiment que la nature des instructions échangées au sein de ce groupe traduit un niveau d’organisation et de planification supérieur à celui généralement observé dans les campagnes numériques limitées à la diffusion de récits médiatiques ou à l’amplification de contenus. Ils considèrent ainsi ce groupe comme l’un des principaux acteurs de l’écosystème numérique ayant accompagné la crise de Ceuta.
Le rapport conclut que la compréhension des dynamiques de ces réseaux numériques est désormais essentielle pour analyser les crises liées à la migration irrégulière, dans un contexte marqué par l’utilisation croissante des applications de messagerie instantanée et des plateformes de réseaux sociaux comme outils de coordination, de mobilisation et de transmission rapide d’instructions au-delà des frontières.




