
Par ALDAR – Meriem Hafiani
L’ambassadrice de la République populaire de Chine auprès du Royaume du Maroc, Yu Jinsong, a adressé un message politique fort sur la vision de Pékin pour l’avenir de l’ordre international. Elle a affirmé que la Chine rejette les logiques d’hégémonie, de polarisation et de confrontation à somme nulle, plaidant pour un monde fondé sur le multilatéralisme, le dialogue et des partenariats équilibrés. Selon elle, le développement partagé constitue la seule voie vers une sécurité durable et une prospérité mondiale.
Ces déclarations ont été faites lors d’une rencontre avec des représentants des médias et du monde académique marocain, organisée à l’occasion du 105e anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois. L’ambassadrice y a présenté un panorama du parcours de développement de son pays, soulignant que l’expérience chinoise repose avant tout sur l’indépendance de la décision nationale et le refus de reproduire des modèles étrangers, une approche qui a permis à la Chine de devenir l’une des premières puissances économiques et industrielles au monde.
Yu Jinsong a insisté sur le fait que la politique étrangère chinoise est guidée par le respect de la souveraineté des États, le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures et la défense d’un ordre international plus juste et plus équilibré, loin des logiques de domination et d’imposition. Elle a réaffirmé que Pékin privilégie la coopération, les bénéfices mutuels et le dialogue, plutôt que la confrontation ou la division du monde en blocs rivaux.
Évoquant les performances économiques et technologiques de son pays, l’ambassadrice a rappelé que la Chine figure désormais parmi les dix nations les plus innovantes au monde, grâce à des investissements massifs dans la recherche scientifique et les technologies de pointe. Elle a notamment mis en avant les progrès réalisés dans les domaines de l’intelligence artificielle, des semi-conducteurs, des industries de haute technologie, de l’aéronautique, du spatial et des énergies nouvelles, faisant de la Chine l’un des principaux moteurs de la croissance économique mondiale.
Elle a également indiqué que la Chine conserve, pour la seizième année consécutive, son rang de premier pays manufacturier au monde. Son produit intérieur brut a dépassé les 140 000 milliards de yuans, tandis que l’économie chinoise a enregistré un taux de croissance annuel moyen de 5,4 % au cours du 14e Plan quinquennal, preuve, selon elle, de l’efficacité d’une planification stratégique inscrite dans le long terme.
Sur le plan social, Yu Jinsong a souligné que son pays est parvenu à éradiquer l’extrême pauvreté en sortant près de 100 millions de personnes de cette situation en seulement huit ans, atteignant ainsi cet objectif avec dix ans d’avance sur l’échéance fixée par les Objectifs de développement durable des Nations unies. Elle a ajouté que la Chine dispose aujourd’hui du plus vaste système de protection sociale et de couverture santé au monde, bénéficiant à plus d’un milliard de personnes. Plus de 95 % de la population est couverte par une assurance maladie, tandis que l’espérance de vie dépasse désormais 79 ans.
Abordant les relations entre Rabat et Pékin, l’ambassadrice a qualifié le Maroc de partenaire stratégique fiable de la Chine, soulignant que la coopération bilatérale connaît une dynamique croissante dans de nombreux secteurs. Elle a réitéré le soutien de son pays à la souveraineté du Maroc et à son intégrité territoriale, tout en annonçant la mise en œuvre prochaine d’une exonération douanière totale en faveur des produits marocains. Elle a également confirmé la poursuite de l’appui chinois aux grands projets d’investissement au Maroc, notamment au projet « Tanger Tech », qui a déjà attiré plus de quarante entreprises pour un volume d’investissements dépassant 4 milliards de dollars.
En conclusion, Yu Jinsong a estimé que le 68e anniversaire des relations diplomatiques entre le Maroc et la Chine, ainsi que les dix ans du partenariat stratégique entre les deux pays, ouvrent une nouvelle étape de leur coopération. Celle-ci sera, selon elle, axée sur le renforcement des investissements, l’intensification des échanges scientifiques et culturels, ainsi que la consolidation d’un partenariat durable fondé sur le respect mutuel et le développement partagé.




