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Le Maroc que nous connaissons ne ressemble pas au bruit de la haine

 

 

ALDAR/ Meryem Hafiani

 

Aux abords de Bab Doukkala, à Marrakech, ce qui s’est produit dépasse le simple incident. La scène révèle la nature de certaines réactions crispées, nourries par l’incompréhension et une lecture sélective des faits. De passage, un groupe de juifs haredim, surpris par l’heure de la prière, a choisi de s’acquitter de son rituel dans le calme, le long du mur, sans perturber l’espace public ni porter atteinte à quiconque.

Les réactions qui ont suivi ont toutefois de quoi surprendre. Certaines voix extrémistes se sont empressées de dénoncer ce geste anodin, allant jusqu’à le qualifier de « profanation », alors même qu’elles n’ont manifesté aucune préoccupation pour l’état du lieu, marqué par la présence de saletés, de traces d’urine et d’inscriptions offensantes sur le mur. Une contradiction qui pose une question de fond : le problème réside-t-il dans l’acte lui-même, ou dans l’identité de ceux qui l’ont accompli ?

En réalité, la prière de ces fidèles relève d’une liberté religieuse fondamentale et ne diffère en rien, dans son essence, de toute autre pratique spirituelle pacifique. Pourtant, l’amalgame persistant entre le judaïsme, en tant que religion et composante historique marocaine, et des positions politiques liées au sionisme, alimente des réactions disproportionnées et ouvre la voie à un discours d’exclusion en contradiction avec les traditions du Maroc.

Les juifs marocains ont, au fil des siècles, constitué une composante indissociable de l’identité nationale, contribuant à forger un tissu social fondé sur la pluralité et la coexistence. À ce titre, cibler leurs pratiques religieuses ou les interpréter de manière hostile ne traduit pas seulement une erreur d’appréciation, mais menace également cet héritage commun.

Ce qui s’est déroulé devant le mur de Bab Doukkala invite ainsi à une nécessaire remise en ordre des priorités : préserver l’espace public de la dégradation, lutter contre les dérives extrémistes, plutôt que de diriger l’indignation vers des pratiques pacifiques qui ne portent préjudice à personne. Car la coexistence n’est pas un slogan, mais une réalité quotidienne qui exige lucidité, discernement et un refus clair de toute forme de discours de haine.

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